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Une « brigade numérique » pour remplacer des professeurs absents, la colère des syndicats ne retombe pas


Le Rectorat de l’académie Nancy-Metz devrait expérimenter en septembre 2022 une « brigade numérique de remplacement », des professeurs en visioconférence pour remplacer les enseignants absents. Le distanciel, la pire des choses à faire pour les syndicats. Une solution pour les zones rurales pour le Rectorat.

Bruno Henry, ne décolère pas. Cet enseignant de Metz (Moselle), secrétaire du SNES-FSU ne comprend pas pourquoi l’Académie Nancy-Metz maintient son projet d’expérimenter une « brigade numérique de remplacement » qui serait composée de sept visio-enseignants pour remplacer des professeurs absents. 

A ce jour, seules quatre candidatures ont été enregistrées pour les sept postes. « C’est la pire des choses à faire« , nous explique Bruno Henry, « ces quatre candidats doivent encore être validés par l’inspection académique. Visiblement, les enseignants ne se précipitent pas vers ce dispositif. Alors que le rectorat nous avait laissé entendre que cela allait intéresser beaucoup de nos collègues. La réalité est tout autre« .

Ils ne comprennent pas notre métier. C’est inquiétant.

Bruno Henry, secrétaire du SNES-FSU, académie de Nancy-Metz

Pour Bruno Henry comme pour nombre de ses collègues, ce dispositif ne prend pas en compte la réalité du métier d’enseignant aujourd’hui, ni celle des élèves : « Ils ne savent pas ce que c’est de faire classe. Ils ne comprennent pas notre métier. C’est inquiétant. »

Pour lui, les périodes de confinement ont montré qu’il était déjà difficile pour un enseignant, qui connaît bien ses élèves de faire cours et de suivre les élèves les plus fragiles. Si on y ajoute l’effet de groupe et les difficultés techniques, on comprend que c’est impossible. Certains élèves n’auront pas de problème. Ceux qui sont habituellement autonomes continueront de l’être. Mais pour les plus fragiles, ceux qui ont besoin de présence humaine, d’encouragements, d’attention, qu’en sera-t-il ? Pour ceux-là, il est nécessaire que l’enseignant soit dans la classe. Je n’oublie pas non plus le principe d’inclusion dans nos classes. La seule solution est le remplacement d’un professeur absent par un autre professeur. Un essai a été réalisé au collège de Mont-Saint Martin, en Meurthe-et-Moselle, il y a quelques mois pour remplacer un professeur de lettres. Cela n’a pas fonctionné. Et comme cela n’a pas fonctionné, il faut le généraliser. Ce n’est pas sérieux.« .

Les sept postes concernent les zones rurales éloignées dans lesquelles aucun remplaçant ne veut se rendre en raison d’un temps de trajet trop long, dans la Meuse et dans les Vosges en particulier

Rectorat de l’Académie Nancy-Metz

De son côté, l’académie Nancy-Metz que nous avons contactée, répond que ces sept postes ne concernent que « les zones rurales éloignées dans lesquelles aucun remplaçant ne veut se rendre en raison d’un temps de trajet trop long, dans la Meuse et dans les Vosges en particulier ».

Les sept classes seraient déjà identifiées. « Il n’y aura aucun professeur remplaçant en visioconférence en zone urbaine. Il n’y en a pas besoin. Le professeur remplaçant pourra se rendre dans un collège ou lycée à proximité de son domicile où un dispositif de visioconférence sera installé. Il sera formé à son utilisation. Les élèves ne seront pas seuls » insiste l’académie, « des surveillants seront présents pour les élèves.« 

L’académie ajoute : « on va tenter une expérimentation pendant deux ans. Rien n’est définitif. Il n’y a pas de généralisation prévue. Un conseil de surveillance évaluera les choses au bout de la période. Si ce n’est pas concluant, cela s’arrêtera. Il vaut mieux tenter quelque chose plutôt que de ne rien faire.« 

Bruno Henry évoque également une rentrée de septembre 2022 tendue. « Lundi 9 mai 2022, nous avons eu les premiers résultats CAPES. Sur les 1.035 postes de professeurs de mathématiques à pourvoir en France, seuls 816 candidats sont admissibles. Ils vont passer les oraux. Tous ne seront pas recrutés. Il faut s’attendre à plusieurs centaines de postes de profs de maths vacants à la rentrée. Alors que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, prévoit d’ajouter 1h30 de maths en première générale à la rentrée prochaine. »

La situation est encore plus catastrophique en allemand. D’après Bruno Henry, 50% des postes ne seront pas pourvus. « On va avoir des difficultés de remplacement, cela ne fait aucun doute. L’origine est à chercher du côté des suppressions de postes, mais aussi du manque d’attractivité. Les salaires sont insuffisants. Les professeurs de maths, qui vont être recrutés, auront un salaire de 1.435 € net, à peine plus que le Smic. »



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