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rencontre avec ces chercheurs qui quittent le Royaume-Uni pour l’université de Lille



Ils ont pris leurs valises, leur matière grise, et ont traversé la Manche: pour des raisons souvent autant personnelles que professionnelles, quelques chercheurs ont quitté le Royaume-Uni pour la France dans le contexte du Brexit, par exemple pour l’université de Lille.

« S’il faut voir un truc positif (dans le Brexit), c’est ça », s’amuse Fanny Peers. Cette jeune femme, spécialiste d’optique atmosphérique, a commencé mi-septembre un CDD de trois ans à l’université de Lille, après avoir répondu à l’appel à candidature lancé en 2020 par la métropole de Lille et la région Hauts-de-France.  Une campagne d’accueil de chercheurs de haut niveau qui ciblait particulièrement les « Brexiters » cette année.

La jeune femme, qui était assistante chercheuse à l’université d’Exeter, assure « ne pas avoir senti que dans la recherche, la situation allait se dégrader à court ou moyen terme – il y avait encore quelques financements de l’Europe qui n’allaient pas se dégrader du jour au lendemain ».

Une réflexion plus large l’a conduite à franchir la Manche: elle explique sa décision par « un contexte économique au Royaume-Uni qui se détériore un petit peu avec le Brexit », la fermeture de la ligne aérienne qui reliait Exeter à la France, compliquant ses visites à sa famille, des inquiétudes concernant les fluctuations de la Livre Sterling…

Pas de fuite des cerveaux

« On n’assiste pas à une fuite des cerveaux avec une pression énorme de Brexiters qui souhaiteraient venir à Lille », relativise Lionel Montagne, vice-président en charge de la recherche au sein de cette grosse machine de quelque 73.000 étudiants et 3.000 enseignants-chercheurs.

« On n’assiste pas à une fuite des cerveaux avec une pression énorme de Brexiters qui souhaiteraient venir à Lille. »

Lionel Montagne, vice-président en charge de la recherche à l’université de Lille

Selon lui, les chercheurs sélectionnés avaient dans l’ensemble l’intention de bouger et sont plutôt motivés par l’environnement des laboratoires que par la stricte peur du Brexit. En tout cas pas par les salaires, qui restent « dérisoires » en France, note-t-il.

« Il y a eu une espèce de vent de panique il y a un an, mais cela s’est un peu calmé. Les autorités britanniques ont pris conscience de l’intérêt à ne pas laisser partir leurs chercheurs et mis en place des dispositifs d’accompagnement pour éviter que les  chercheurs se retrouvent pénalisés dans le cadre des programmes européens », explique-t-il. 

Pour Jan Firdmuc, chercheur en économie qui a quitté à la faveur d' »Accueil de talents 2020″ l’université de Brunel, près de Londres, pour Lille, « la question centrale consiste à ne pas pouvoir participer aux programmes financés par l’Union européenne comme Horizon 2020 » (le programme de financement de la recherche et de l’innovation de l’UE pour la période 2014-2020).

Lille et la France

« Dans des circonstances normales, je voyage beaucoup à travers l’Europe et ma capacité à continuer à le faire pourrait être limitée, si traverser les frontières britanniques devient plus compliqué et laborieux », complète M. Firdmuc. L’économiste cite également la montée du populisme comme source de motivation pour quitter le pays.

L’université de Lille est loin d’être la seule à avoir compté sur le Brexit pour attirer des talents d’outre-Manche. Ainsi, le département de l’Essonne a lancé le programme « Paris-Saclay calling » en partenariat avec le Conseil régional et l’association Science Accueil pour attirer chercheurs et doctorants âgées de 20 à 54 ans.

Malgré les turbulences liées au Covid, « nous constatons que depuis de nombreuses années, la mobilité des chercheurs anglais vers la France est quasiment inexistante, or cette année nous sommes passés de 1 à 17, et en partie vers deux des établissements partenaires de la campagne (Paris-Saclay calling) », se réjouit-on chez Science Accueil.

A Lille, au-delà du Brexit, le partenariat transfrontalier renforcé liant l’université à un celle du Kent, comme à deux universités belges, devrait survivre au divorce entre France et Royaume-Uni.

Selon le CNRS, le Royaume-Uni constitue le deuxième plus important partenaire de la France au sein d’Horizon 2020, après l’Allemagne, en termes de projets communs.



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