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Prime d’Etat exceptionnelle Covid19 : le combat des aides à domicile pour être reconnues au même titre que les soignants


Elles sont les grandes oubliées de la prime d’Etat exceptionnelle versée aux soignants pour leur contribution pendant la crise du coronavirus. Pourtant, elles étaient elles aussi en première ligne. Les aides à domicile ont continué à travailler dans des conditions parfois difficiles, avec le risque d’être contaminées. Et en cette mi-mai 2020, elles demandent à ce que leur implication soit justement reconnue.

Aurélie fait partie de celles qui n’ont pas abandonné leur poste. Pourtant, cette maman de deux enfants handicapés, aurait pu demander à être arrêtée pour garde d’enfants. Mais elle a préféré continuer à prendre soin de ses bénéficiaires, des personnes âgées, ou handicapées. Tous les jours, il lui faut de l’énergie pour les lever, les transférer dans un fauteuil, leur faire la toilette ou les repas, et parfois revenir changer les couches… Sans compter les kilomètres avalés chaque jour, donc certains ne sont même pas remboursés. « C’est horrible ce qui nous arrive », témoigne-t-elle. On est déjà épuisé par les longues journées et le stress généré par la crise sanitaire. »

Ne pas avoir de prime c’est le coup de massue !
Aurélie Zemour, auxiliaire de vie à l’Esprit Tranquille, Vandoeuvre les Nancy

Aurélie est d’autant plus indignée qu’elle a contracté le coronavirus pendant son travail. Elle a dû être arrêtée et a contaminé son mari, qui souffre encore aujourd’hui de problèmes respiratoires.

Aurélie Zemour, aide à domicile dans la région de Nancy (Meurthe-et-Moselle), avec l'une des bénéficiaires dont elle s'occupe. / © Aurélie Zemour pour France Télévisions.
Aurélie Zemour, aide à domicile dans la région de Nancy (Meurthe-et-Moselle), avec l’une des bénéficiaires dont elle s’occupe. / © Aurélie Zemour pour France Télévisions.

Prime légitime

Même son de cloche chez ses collègues, qui se sentent oubliées par l’Etat. Elles ne comprennent pas pourquoi le personnel des Ehpad pourraient en bénéficier, et pas elles, alors qu’elles effectuent quasiment les mêmes gestes que leurs collègues aides-soignantes. De plus, sans leur travail, bon nombre de leurs bénéficiaires seraient venus engorger les hôpitaux.

C’est complètement injuste ! Nous avons remplacé nos collègues malades, avec de grosses amplitudes horaires et nous avons été exposés nous aussi au coronavirus.
Audrey Vanderplaestse, auxiliaire de vie chez l’Esprit Tranquille, Nancy

Les Fédérations d’aides à domicile, qui sont déjà monté au créneau en avril, lors de l’annonce de la prime, entendent bien ne pas lâcher l’affaire.
Véronique Scida, déléguée de la Fédération Française de Services à la Personne et de Proximité (FEDESAP) en Meurthe-et-Moselle, explique que leur prime se discute entre l’Etat, les Conseils départementaux et la CNSA, la Caisse Nationale de solidarité et d’autonomie (qui collecte notre fameux jour de solidarité). La question étant de savoir qui va gérer cette prime pour les aides à domicile.

Nous souhaitons que la prime soit également versée par l’Etat, par souci d’équité avec les soignants.
– Véronique Scida, déléguée de la FEDESAP 54

Dans son communiqué du 15 avril dernier, le ministère de la Santé précisait que « le Gouvernement souhaite également qu’une prime exceptionnelle soit versée aux professionnels du médico-social, et notamment des EHPAD, qui prennent en charge avec un dévouement et un courage admirable les populations parmi les plus vulnérables face à cette épidémie. Il échangera dans les jours qui viennent avec les collectivités locales sur ce sujet. »
La porte n’est donc pas complètement fermée.

Sentiment d’injustice

Ce sentiment d’injustice ne date pas d’hier, mais il est accentué par la crise du coronavirus. Les fédérations unies comme la FEDESAP, l’ADAPA, l’UNA ou l’ADMR demandent depuis un moment la reconnaissance de leur métier comme un vrai métier du secteur sanitaire, avec une revalorisation des salaires à 1.500 euros par mois.
Aujourd’hui, les salaires sont proches du SMIC pour des amplitudes horaires importantes. Aurélie ou Audrey commencent souvent à 8h pour finir à 19h, et travaillent les week-ends pour 1.100 euros net par mois.

Ce sont des métiers où l’on se lève tôt, où l’on finit tard, et où l’on donne beaucoup de sa personne, physiquement et psychologiquement.
Véronique Scida, déléguée de la FEDESAP et directrice de Louvéa Nancy

« Le risque si l’Etat ne verse pas de prime, c’est que nous n’allons plus trouver suffisamment d’auxiliaires de vie alors qu’on est au pied de la falaise », nous explique Véronique Scida. « Le nombre de  personnes âgées dépendantes ne cesse de croitre et va exploser d’ici 2050. Or il nous manque déjà 300 salariés rien que dans le département de Meurthe et Moselle ! Il faut vraiment que notre métier soit revalorisé !« 
Fin avril, une pétition a été lancée: ‘Nous auxiliaires’. Le mouvement est soutenu par plusieurs personnalités du monde politique ou social. Les aides à domicile font quatre propositions pour revaloriser leur métier. Elles espèrent qu’elles seront rapidement entendues.
 

La prime exceptionnelle, pour qui ?

Promise par le gouvernement afin de récompenser leur implication dans la lutte contre l’épidémie de Coronavirus, la prime maximale est de 1.500€, a indiqué mercredi 13 mai 2020 le ministère de la Santé. 
Elles concernent les soignats des 40 départements qui se trouvent dans les régions les plus touchées par la pandémie, principalement dans le nord et l’est de la France.
Sont concernés

  • Les 8 départements d’Ile-de-France
  • Les 10 départements du Grand-Est
  • Les 8 départements de Bourgogne-Franche-Comté
  • Les 5 départements des Hauts-de-France
  •  départements d’Auvergne-Rhône-Alpes (Drôme, Loire, Rhône, Haute-Savoie)
  • L’Eure-et-Loir
  • Les Bouches-du-Rhône
  • Les 2 départements de la Corse
  • Mayotte.  

En dehors de ces zones, « les agents ayant travaillé dans les services Covid+ des hôpitaux de référence percevront également la prime de 1.500 euros », tandis que ceux « des autres services percevront une prime de 500 euros », précise le ministère.
Le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait affirmé que ces sommes seraient payées « dès le mois de mai », mais le versement restait suspendu à la parution d’un décret en précisant les modalités. Ce décret a finalement été publié vendredi 15 mai 2020. La prime pourrait donc être versée au plus tard fin juin.
 



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