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Hauts-de-France

pourquoi la situation dans les Hauts-de-France n’est pas la même qu’au mois de mars (mais reste inquiétante)

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On a comparé les chiffres de ce mois d’août, synonyme de regain pour le virus dans les Hauts-de-France, avec ceux du mois de mars.

Doit-on s’inquiéter de la résurgence de cas de Covid-19, ces dernières semaines, dans les Hauts-de-France et notamment dans le département du Nord ? Partout en France, le virus regagne du terrain mais la situation est-elle vraiment comparable à celle du mois de moment où le confinement a été décidé ?

Un taux d’incidence élevé

La principale inquiétude, notamment dans la métropole de Lille, est venue du taux d’incidence – le nombre de personnes infectées sur une semaine pour 100 000 habitants – qui a monté en flèche dans la deuxième moitié du mois de juillet.

Le 31 juillet, lorsqu’a été prise la décision de rendre le port du masque obligatoire dans certains espaces publics de la MEL, le dernier taux d’incidence connu était de 17,5. Le 15 août, selon les dernières données de Santé publique France, il culminait à 27,8 après plusieurs jours de stagnation. Le seuil d’alerte, lui, se situe à 50.

Pour autant, ce chiffre est à remettre en perspective puisque les dépistages sont bien plus nombreux aujourd’hui qu’ils ne l’étaient au mois de mars.

Les dépistages en mars et en août

C’est le constat le plus évident : le nombre de dépistage s’est envolé en plusieurs mois : sur la semaine du 19 au 25 mars, juste après l’entrée en vigueur du confinement, 657 tests ont été réalisés dans les Hauts-de-France, avec un taux de positifs de 39,3%.

Cinq mois plus tard, dans la semaine du 9 au 14 août, 40 945 tests ont été réalisés, avec un taux de positivité de 2,43%. Cet écart laisse penser que les gens n’attendent plus que les symptômes du Covid-19 se manifestent pour se faire dépister. Pour autant, “on ne peut pas vraiment comparer les situations“, estime Daniel Camus, professeur et médecin épidémiologiste à l’Institut Pasteur de Lille, qui rappelle qu'”il n’y avait pas les mêmes moyens, pas les mêmes méthodes de dépistage” au début de la pandémie.

Par ailleurs, les données de Santé publique France ont deux sources différentes : le système de surveillance 3labos de la mi-mars au 25 mai, puis le SI-DEP (Système d’Informations de DEPistage, plateforme sécurisée où sont enregistrés les résultats) depuis le 13 mai. 

Dans le même temps, les hôpitaux subissent une pression bien inférieure à celle constatée au printemps. Début août, ceux de Lille ou de Valenciennes ont certes été “sous tension”, mais c’était davantage dû à la canicule qu’au Covid-19.

Les bilans quotidiens en mars et en août

Dans la semaine du 19 au 25 mars, chaque jour, plus de 80 malades étaient hospitalisés, plus de 15 patients étaient placés en réanimation et plus de 7 décès étaient constatés en lien avec le virus.

Selon les données de Santé publique France sur la période du 8 au 14 août, ces chiffres sont beaucoup plus bas, même si des décès restent à constater :  13 malades ont perdu la vie sur ce laps de temps.

La différence se situe surtout dans l’âge des personnes désormais testées positives : sur la semaine du 3 au 9 août, il s’agit pour l’essentiel de malades âgés de moins de 40 ans (59,7% du total des personnes positives). Or, les personnes âgées de moins de 40 ans ne représentaient que 2,9% des patients en cours d’hospitalisation, en date du 9 août.

La répartition des âges, parmi les tests positifs et les hospitalisations

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut relâcher sa vigilance. “Si on fait une photographie de la situation telle qu’elle apparaît aujourd’hui, c’est assez inquiétant“, alerte même Daniel Camus. Car le virus continue à circuler de façon active et si la tendance ne s’inverse pas, “il risque d’être toujours en circulation active en automnealors que va arriver le virus grippal“.

Le virus circule, et circule même un peu trop

Daniel Camus, médecin épidémiologiste à l’Institut Pasteur de Lille

Les deux virus, d’un point de vue clinique, montrent les mêmes symptômes mais nécessitent des traitements différents, ce qui risque de conduire à un besoin accru en tests de dépistage. “On va se retrouver avec une montagne de tests de laboratoire, et les médecins vont être débordés“, craint le professeur Camus.

Autrement dit, “le virus circule, et circule même un peu trop“, ajoute le médecin nordiste, pour qui toute mesure prise contre la propagation du coronavirus – port du masque obligatoire dans certains espaces publics ou dans les entreprises – est bonne à prendre.



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