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Pourquoi il grimpe illégalement au sommet des monuments historiques comme la cathédrale d’Amiens


Il se surnomme Sico et en août dernier, il a escaladé la cathédrale d’Amiens jusqu’à son sommet. Si la pratique relève de l’intrusion dans un lieu historique et est totalement illégale, le jeune homme n’en est pas à sa première ascension.

Il ne donnera pas son vrai nom. Seulement son âge : 23 ans. Il est étudiant en apprentissage à Paris et depuis un an et demi, il escalade les monuments. Dans la capitale d’abord. Puis dans d’autres villes en France. Marseille, Rouen, Chartres, Lyon, Evreux, Troyes, Auxerre… Puis Amiens.

Sico ou « La gargouille vivante », comme se nomme son profil Instagram, a une affection particulière pour les cathédrales. « Elles ont leur architecture propre et du charme« , confie-t-il. 

Lorsqu’il arrive à Amiens avec quatre amis en août dernier, Sico a la cathédrale dans le viseur. Mais il ne sait pas si l’ascension sera réalisable. « On ne prépare rien en amont, on voit si c’est possible sur place et sinon on laisse tomber. » Le groupe d’amis a le matériel d’escalade nécessaire. Les deux plus aguerris montent en premier. « On a fait en sorte de tout sécuriser pour que les autres puissent monter. En général, on monte la nuit, on dort là-haut, puis on se réveille avec le lever du soleil, c’est ce qu’on a fait. »

Les quatre amis de Sico sur la flèche de la cathédrale d'Amiens

Les quatre amis de Sico sur la flèche de la cathédrale d’Amiens

© Sico

Des moments privilégiés

Si la pratique, semblable à l’urbex, est totalement illégale, Sico ne peut plus se passer de ces moments qu’il qualifie de privilégiés. « Quand vous visitez une ville, vous croisez beaucoup de monde, du bruit. Dès qu’on prend de la hauteur, il y a d’abord ce silence, on voit tout autrement« , explique-t-il. 
 

Le risque zéro n’existe pas, mais on prend les mesures adéquates. Il faut un certain mental et une maîtrise

Sico

S’agissant des risques, Sico en est conscient mais assure prendre toutes les précautions. « Le risque zéro n’existe pas, mais on prend les mesures adéquates. Il faut un certain mental et une maîtrise. » Et quand on lui demande si ses photos peuvent donner des envies à des personnes moins expérimentées, le jeune homme rétorque : « lorsqu’on me demande comment je fais pour escalader les monuments, je ne réponds jamais, je ne donne pas d’indices.« 

Une pratique pénalement répréhensible

Selon l’article R645-13 du code pénal, l’intrusion dans les lieux historiques ou culturels est sanctionnée d’une amende pouvant aller jusqu’à 1500 euros et la confiscation des objets ayant permis de commettre l’infraction (contravention de 5e classe). Selon la jurisprudence, cet article s’applique également aux personnes qui escaladent les monuments historiques sans forcément s’introduire à l’intérieur.

Sico le reconnaît, il lui est déjà arrivé de se faire prendre. « Je suis passé devant le juge et j’ai dû être assisté d’un avocat« , avoue-t-il sans donner de détails.

En prime, en cas de dégradation ou d’accident corporel, d’autres infractions de nature délictuelle peuvent être retenues. « Il est important que les personnes qui se livrent à ces activités ou seraient tentées de s’y livrer connaissent les risques de sanction pénale auxquels elles s’exposent, outre naturellement les risques très importants pris pour leur vie, la sécurité des personnes qui les accompagnent et l’intégrité d’un monument historique« , souligne le procureur de la République d’Amiens, Alexandre de Bosschère.

 

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