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Plus de 500.000 euros déjà récoltés pour le nouveau média indépendant lancé par Denis Robert



A l’automne dernier, il est licencié de la direction de la rédaction du Média avec perte et fracas. Le journaliste et lanceur d’alerte mosellan Denis Robert n’est pas à une vie près. En trois semaines, son nouveau projet de webtv Blast a réuni plus de 500.000 euros de financement participatif.

Blast en anglais c’est l’explosion mais c’est aussi mettre la musique ou la télé à plein volume et pas forcément de façon agréable. Objectif annoncé de ce nouveau média lancé le 15 janvier 2021 par le journaliste mosellan Denis Robert, l’homme de l’affaire Clearstream, « être un caillou dans les mocassins du pouvoir » et « claquer le baigneur aux cyniques et aux aquoibonistes ».

Et la formule séduit. Après 23 jours seulement de financement participatif, le projet a rencontré 5.400 contributeurs qui ont investi plus de 500.000 euros pour son lancement.

« Blast, ce n’est pas du tout meurtrier. On est parti dessus parce que le nom claquait et qu’il y avait l’idée d’un souffle« , explique-t-il en confiant être un peu débordé par les sollicitations.

Défiance envers les médias ?

Du fracas, il en avait déjà fait en septembre 2020 quand son licenciement du Média se transforme en vaudeville à base de règlements de compte sur les réseaux sociaux avec dénonciation de « procès stalinien ».
« Je savais que ça marcherait mais pas à ce point-là. Il y avait une conjoncture positive entre mon départ du Média tellement scandaleux que beaucoup de gens se sont mobilisés, le fait que les chaînes mainstream inspirent beaucoup de dégoût et l’équipe que l’on a réunie ».

La réussite de ce lancement, c’est le paradoxe d’un pays où la confiance envers les journalistes n’a jamais été aussi basse dans les sondages d’opinion mais où Cnews engrange les succès d’audience et où les créations de médias en ligne se multiplient.
« La dernière enquête publiée par La Croix est éloquente. La chaîne d’info la plus regardée par les français, c’est BFM et en même temps c’est celle jugée la moins crédible. Ça veut dire que les gens regardent une télé dont ils savent qu’elle bidonne. »

« Presse solidaire »

Le but est de créer une webTV sur abonnements (5 euros par mois) sous forme de société coopérative. Denis Robert espère fonctionner avec un budget d’1,5 million d’euros d’ici un an pour embaucher 20 personnes et fabriquer des enquêtes surtout, mais aussi une émission culturelle, un JT d’humour avec des comédiens ou des master classes en ligne.
« On est une entreprise de presse solidaire. On ne reverse aucun dividendes et l’argent gagné est totalement réinvestit dans les salaires et les programmes. »

Blast affiche déjà une carte de visite fournie. Parmi les piliers, Elise Van Beneden, avocate et présidente de l’association anti-corruption Anticor ou Gaël Giraud, prêtre et économiste spécialiste des marchés financiers, chantre d’une économie éthique. Dans les collaborations annoncées, on retrouve Gaspard Ganz, journaliste indépendant qui avait défrayé la chronique en 2019 après s’être fait arrêter lors d’une manifestation de gilets jaunes ou Pablo Servigne, ingénieur agronome pionnier de la collapsologie, ce courant de pensée qui annonce l’effondrement de la société industrielle. A la rubrique people, Bruno Gaccio, l’ancien auteur des Guignols.

Pas de politique mais très politique

De la politique, il se défend d’en faire. Lui qui avait été recruté comme directeur de la rédaction au Média, le site d’info fondé par des proches de Jean-Luc Mélenchon, signe un édito vidéo pourtant très engagé. D’Emmanuel Macron qui « nous parle comme à des enfants » à la dictature de Trump, Poutine ou Bolsonaro en passant pas les méthodes « répugnantes » des labos de la Big Pharma. « Je suis comme un vidangeur de fosse septique dépressif et sceptique. Par quel bout commencer le nettoyage » y raille Denis Robert.

Il  dit avoir quitté ses peintures et ses livres et s’est remis au journalisme en réaction au traitement du mouvement des gilets jaunes mais se défend d’être partisan. « Je n’ai pas un regard idéologique sur l’actualité. Le jour où Macron fera un truc bien, je dirai il a fait un truc bien ». Il enchaîne : « le problème c’est qu’on gouverne par l’émotion. C’est aussi pour ça qu’on a créé Blast. Notre rôle, c’est d’essayer de décrypter tout ça ».

Quand on lui fait remarquer que, pour quelqu’un qui a passé sa vie à dénoncer la mauvaise marche du monde, il est finalement plutôt optimisme sur le fait d’apporter du fond sur les réseaux sociaux, Denis Robert répond : « Je crois au journalisme et au fait qu’un second tour Macron/Le pen ne soit pas inéluctable. Si c’est ça être optimiste. »

 

 



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