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nature, modernité, savoir-faire les maîtres mots des maîtres d’art


Bien sûr, c’est une fierté locale, l’École de Nancy. Mais n’en déplaise aux grincheux, son rayonnement dépasse largement l’Est de la France, dépasse les frontières, se diffuse en Europe, voire traverse les océans. Voici un dernier tour d’horizon pour clore notre série d’articles sur l’Art Nouveau.

Permettez-moi d’abord, une fois n’est pas coutume, de commencer cet article de clôture de notre série sur l’École de Nancy et l’Art Nouveau par des remerciements. Car tout le travail réalisé au cours des douze portraits de plantes représentées par les artistes lorrains, n’aurait pu se faire sans l’aide précieuse des spécialistes en histoire de l’art des musées et de la ville de Nancy. Valérie Thomas, conservatrice du Musée de l’École de Nancy, Marion Pacot, attachée de conservation au Musée des Beaux-Arts de Nancy, Isabelle Bourger et Blandine Otter, documentaliste au musée de l’École de Nancy, J’observe, non sans malice, que les expertes d’aujourd’hui, consacrent leur énergie et leur travail à rendre hommage aux experts d’hier, ces hommes illustres de l’Alliance Provinciale des Industries d’Art, autrement dit de l’École de Nancy.

Merci également pour les infos complémentaires fournies par les chargées de communication de la CCI 54, et de l’OH 54, et du Jardin Jean-Marie Pelt, à monsieur Salles, directeur du LCL de la rue Saint-Georges, et aux pharmaciens du centre-ville, qui nous ont tous accueillis et autorisés à prendre les photos de leurs trésors. Nous avons pioché des informations sur des blogs, sur des sites, que nous avons toujours donnés en lien.

Ce que vous ne verrez pas

Nous avons choisi d’évoquer douze plantes, une pour chaque mois. Nous aurions pu choisir de procéder autrement, en choisissant comme repère par exemple les douze médaillons réalisés par Victor Prouvé dans le Grand Salon de l’hôtel de ville et décliner les saisons ou les activités qui les rythment. (Médaillons, qui cela dit en passant, mériteraient un grand coup de restauration, car il ont pris un coup de sombre, je dis ça, je dis rien).

Nous avons choisi d’évoquer douze plantes, une pour chaque mois; mais nous aurions pu en choisir de dizaines d’autres. Notre choix a été parfaitement arbitraire. Pour le plaisir, voici un extrait d’abécédaire (de A à H) des plantes que nous aurions pu choisir : ancolies, anémones, ampélopsis, bleuets, fleurs de cognassier, capucines, chrysanthèmes, cœurs de marie, églantines, fougères, fuchsia, glaïeuls, glycines, hortensias…… J’avoue pour ma part, une prédilection pour les pissenlits et notamment cette lampe Daum et Majorelle.

Nous avons choisi d’évoquer douze plantes, une pour chaque mois; mais nous aurions tout aussi bien pu choisir des arbres : pommiers du Japon, cerisiers, érables, sycomores, sapins, marronniers… Nous aurions tout aussi bien pu choisir des fruits et des légumes : cerises, framboises, champignons, coings, citrouilles, champignons ou aubergines… Nous aurions tout aussi bien pu choisir une imagerie animale : paon, mouettes, pinsons et autres oiseaux, libellule, papillon, serpent à sonnette, ours blanc, langoustes crabes et autres crustacés.

Au détour des articles sur les plantes, nous avons évoqué le Japonisme, mais nous aurions pu parler de l’amour de Chine, comme dans cette lampe pagode ou l’exotisme au sens plus large. Nous aurions pu développer le sens politique de ces artistes avec la prise de position d’Emile Gallé pour Dreyfus et Zola  ou de Victor Prouvé dans l’affaire Dreyfus. Sur la vision un brin paternaliste de ces patrons artistes. Nous nous sommes concentrés sur leur grand sens patriotique.

Nous avons donné des détails sur les vies de quelques artistes : Emile Gallé, Louis Majorelle, des frères (vous vous souvenez ? Auguste et Antonin) Daum, sur Gruber et sur Henri Bergé, Victor Prouvé (père de Jean et d’Henri) et Camille Martin mais nous aurions tout aussi bien pu donner quelques lignes biographiques sur Eugène Vallin, ou Ernest Bussière, Charles Fridrich, Albert Bergeret, Alfred Finot. Ou choisir des architectes comme Charles et Emile André, Henri Sauvage, Gorges Biet, Lucien Weissenburger et de tant d’autres. Et pourquoi pas Rose Wild, la seule femme connue pour avoir collaboré avec Emile Gallé.

Nous avons survolé les métiers et les savoir-faire : le travail du verre avec toutes les techniques inventées dans les ateliers, le travail du vitrail verre et plomb, celui de la ferronnerie, de la menuiserie, de la marquèterie. La maîtrise des textiles, des tapisseries, le travail du cuir et de la céramique, de la sculpture et de l’architecture. La peinture et l’art des affiches. Un véritable holding des arts et des techniques.

Nous avons parlé des commerces et des maisons construites à cette époque, environ 250 bâtiments estampillés école de Nancy. Des notables, qui ont fait construire, se sont meublés, se sont habillés, ont décoré leurs maisons auprès des artistes fabricants de l’École de Nancy : au premier rang desquels, le mécène Eugène Corbin, patron des Magasins Réunis, les Bergeret des imprimeries, les pharmaciens Monal, Jacques, Rosfelder, Mouzin, Fandre, Delidon, Godfrin, des médecins, les frères Luc, tanneurs, des négociants en vin et autres commerçants, comme la graineterie Génin….Encore un inventaire à la Prévert.

Nous aurions pu aussi nous focaliser sur un anniversaire : les 120 ans de l’Alliance provinciale des industries d’art, créé le 13 février 1901. Nous avons tenté de vous faire rêver en retournant dans ces six mois exceptionnels qu’a connu Nancy lors de son exposition internationale de l’Est de la France en 1909. Nous aurions pu aller sur les expositions universelles de Paris, celle de 1889 et celle de 1900, où les nancéiens se sont illustrés. (Je ne résiste pas au plaisir de vous conseiller ce site qui contient entre autre une vidéo extraordinaire réalisée sur des images de Louis Lumière, sur l’exposition universelle de 1900 et son trottoir roulant). Nous aurions pu faire un gros plan sur le métro de Paris et de ses entrées signées Guimard, fortement influencé par les artistes de l’École de Nancy.

Nous aurions pu enfin élargir le discours en faisant un tour d’horizon des mouvements Art Nouveau, qui se sont développés partout en Europe à la même époque couvrant la fin du XIXe siècle et le début du XXe. Du Jugendstil allemand, en passant par la grande architecture Belge et Bruxelloise emmenée par Victor Horta. De l’Art Nouveau espagnol de l’extraordinaire Antonio Gaudi appelé « Modernisme« , aux mouvements « Liberty » en Italie et « Sécession » en Europe de l’Est à Prague ou à Vienne. Partout ont fleuri les courants de cet art moderne fait de courbes et d’ondes, d’arabesques et d’ornements.

Mais pour découvrir tout cela, il faudrait bien plus que douze articles.

Une envie de flânerie ?

Voici en bonus, une carte qui recense un florilège des immeubles construits pendant cette période « ébulliscente » (ne cherchez pas, ce mot n’existe pas, mais je le trouve fort à propos). La totalité des 250 maisons construites ne s’y trouve pas. Certaines d’ailleurs, comme la maison du Tanneur ont été détruites. Les modes se sont succédé, ringardisant les précédentes. L’école de Nancy n’a pas échappé à la règle. 

L’équipe des musées de la Ville de Nancy a choisi de vous proposer des visites par quartiers: 

Mais nous avons choisi douze plantes.

Merci enfin et surtout à Florence Houvet, illustratrice,  pour les douze dessins de nos articles, qui donnent le ton harmonieux et le sens de la légèreté que nous avons voulu donner à cette série. 

 





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