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Marc Dollez 64 ans, coiffeur pour homme à Albert, de mèche avec ses clients


Quand vous arrivez au 91 avenue de la République à Albert, vous êtes accueillis directement par un immense sourire. Son auteur est le propriétaire de ce salon de coiffure ouvert depuis 28 ans ! Et pour le grand timide qu’il était enfant, c’est une preuve évidente de bonheur.

Marc Dollez est garçon-coiffeur (comme Fabrice Luchini) depuis qu’il est enfant. Né dans la maison de ses parents à Méaulte le 15 décembre 1956, on peut presque dire que le peigne remplaçait le hochet. Marc avait bien du mal à être à l’aise en société. Du coup, il passait tout son temps dans les tabliers de son père et dans les cheveux de ses clients. Dès qu’il pouvait, il l’aidait au salon. Passer le balai pour ramasser les cheveux, ou même faire les shampooings… C’est au contact de son père et en apprenant le métier qu’il prend peu a peu confiance en lui. Au point de se voir lui-même tenir un jour un salon.

Marc Dollez, coiffeur pour homme à Albert

© Margaux Caussin

Le monde appartient à ceux qui coupent les cheveux tôt !

Marc travaille au salon avec son père pendant 22 ans. « À l’époque nous étions devant l’Hôtel de la Paix, entre le monument aux morts et le cimetière. C’était pas très engageant mais il y avait quand même une sacrée vie là-bas, une vie qui a changé la mienne car j’ai pu enfin dire au revoir à ma timidité. » On imagine dans sa description la vraie ambiance de quartier avec le bar, la boucherie, la poissonnerie et les voisins. « Tout le monde se parlait c’était génial…« 

Il faut dire que son père prenait le métier avec tellement de cœur qu’il ouvrait tous les jours à… 5h du matin. Imaginez… « Ma mère partait travailler à 4h30 le matin sur Amiens, mon père se levait avec elle et pour elle. Du coup, au lieu de se recoucher il ouvrait le salon.« 

Le monde des lève-tôt se bousculait pour venir se faire coiffer avant d’aller travailler le matin. Marc se souvient des sorties de boîtes où les danseurs du samedi soir déboulaient pour se (re)faire une beauté avant d’aller se coucher.

Une clientèle fidèle

En 1993, Marc et sa femme Catherine héritent d’un ancien bar, avenue de la République, avec une grande maison attenante. Bar aussitôt transformé en salon… Comme son père, il s’est essayé à l’ouverture hâtive mais il n’a pas tenu le coup même si aujourd’hui il est ouvert, tout de même, à 7h du matin.

Le salon de coiffure de Marc, 91 avenue de la République à Albert

Le salon de coiffure de Marc, 91 avenue de la République à Albert

© Margaux Caussin

Avec Catherine, ils ont deux enfants dont un garçon chasseur de rats musqués et une fille coiffeuse… Pour chien.

Pendant 50 ans, Marc a coupé les cheveux d’une clientèle fidèle à raison de 60h par semaine et parfois jusqu’à 30 clients par jour. À 10 euros la coupe on imagine les ampoules sur les mains…

Ce qu’il aime c’est le contact. La discussion et la fidélité de ses clients. Il peut se vanter d’en avoir coiffés près de cinq générations. Mais tous ces jeunes « la tête vissée sur leur portable même pendant qu’on les coiffe » l’inquiètent grandement. Pourtant, c’est sur les réseaux et sur internet que l’on peut mesurer sa popularité. Une note de 4,9/5 sur le plus grand moteur de recherche et des commentaires élogieux : « Gérant sociable et heureux d’être là. Travail de qualité. Très beau salon. Nous reviendrons sans hésitation« . Le client est seul juge…

Une retraite bien méritée

Marc aime sa liberté aussi. Au point de s’être fixé un âge pour partir en retraite : 62 ans. Ce qu’il a donc fait en 2019. Mais la réalité financière n’est pas celle de ses envies : voyager ! Cela fait donc deux ans qu’il cherche sans succès un repreneur pour son fonds de commerce et la maison qui va avec… Deux ans à ne pas dormir, à angoisser et à se demander comment sa vie d’après pourrait se passer. Il a fallu qu’un beau jour de 2020, une jeune femme tape à sa porte… Et le soir même l’affaire était conclue.

Marc, après 50 ans de métier, né dans la cité des avions, va pouvoir enfin monter dedans et vivre une retraite tant méritée. Ce sera en juillet prochain non sans une certaine émotion vu le ton de sa voix…

Mais l’histoire du 91 avenue de la République est loin d’être terminée…

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