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Londres et Bruxelles concluent un accord commercial historique

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Quatre ans après le réferendum en faveur du Brexit, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont conclu jeudi 24 décembre 2020 un accord historique sur leur future relation commerciale. Les Hauts-de-France, aux premières loges lors des négociations, sont particulièrement concernés par cet accord.

Un accord, enfin ! Après dix mois de négociations harassantes, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont conclu jeudi 24 décembre 2020 un accord historique sur leur future relation commerciale, qui leur permettra d’éviter in extremis un “no deal” dévastateur pour leurs économies en fin d’année.

Un accord “équilibré”, selon les deux partis

L’accord commercial conclu entre Londres et l’UE est un “bon accord, équilibré” et “juste” pour chaque partie, a déclaré jeudi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse.

L’aboutissement de ces laborieuses discussions, débutées en mars, permettra aux deux parties de s’épargner un “no deal” aussi embarrassant sur le plan politique que dommageable au niveau économique.

Les négociations étaient depuis lundi entre les mains d’Ursula von der Leyen et du Premier ministre britannique Boris Johnson, qui ont échangé à plusieurs reprises pour tenter de sortir de l’impasse sur la pêche, ultime point d’achoppement des discussions.

L’UE renonce à 25% de sa valeur de pêche dans les eaux britannique

Malgré son faible poids économique, le secteur de la pêche revêt une importance politique et sociale pour plusieurs Etat membres, dont la France, les Pays-Bas, le Danemark ou l’Irlande. Les tractations se sont concentrées sur le partage des quelque 650 millions d’euros de produits pêchés chaque année par l’UE dans les eaux britanniques et sur la durée de la période d’adaptation pour les pêcheurs européens.

Résultats, l’UE transférera au Royaume-Uni 25% de la valeur des produits pêchés dans les eaux britanniques par les flottes européennes, à l’issue d’une période de transition jusqu’en juin 2026.

Le détail des espèces et zones concernées par ce pourcentage n’est pas encore déterminé. Après cette période de cinq ans et demi, cet accès sera renégocié annuellement. Par ailleurs, les pêcheurs de l’UE conserveront jusqu’en 2026 l’accès garanti aux zones situées dans les 6-12 milles marins au large des côtes britanniques (eaux territoriales) où ils se rendaient traditionnellement.

Une ouverture commerciale sous conditions

Avec cet accord, l’UE offre à son ancien Etat membre un accès inédit sans droit de douane ni quota à son immense marché de 450 millions de consommateurs.

Mais cette ouverture sera assortie de strictes conditions : les entreprises d’outre-Manche devront respecter un certain nombre de règles évolutives au fil du temps en matière d’environnement, de droit du travail et de fiscalité pour éviter tout dumping. Des garanties existent aussi en matière d’aides d’Etat.

Un mécanisme permettra aux deux parties d’activer rapidement des contre-mesures, comme des droits de douane, en cas de divergences sur ces normes.

Un texte de 2000 pages

Les autres sujets problématiques – la manière de régler les différends et les mesures de protection contre toute concurrence déloyale – avaient été réglés ces derniers jours.

La conclusion d’un texte de 2000 pages en à peine dix mois – quatre ans et demi après le référendum de juin 2016 sur le Brexit – constitue une prouesse pour Londres et Bruxelles, surtout pour un accord de cette envergure qui prend en général des années.

Deux ans et demi avaient été nécessaires pour négocier le traité de retrait scellant le départ britannique, conclu fin 2019, un texte fournissant une sécurité juridique aux expatriés des deux côtés de la Manche et des garanties pour le maintien de la paix sur l’île d’Irlande.

En cas de “no deal”, le Royaume-Uni aurait perdu beaucoup plus que l’Europe: les Britanniques exportent 47% de leurs produits vers le continent, quand l’UE n’écoule que 8% de ses marchandises de l’autre côté de la Manche.



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