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Hauts-de-France

l’inquiétude de Picardie Nature face à l’afflux de touristes en baie de Somme

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L’association Picardie Nature s’inquiète de voir arriver un nombre important de touristes en baie de Somme cet été. À cause de la crise sanitaire, elle ne pourra pas assurer convenablement la surveillance des phoques et craint des comportements inappropriés voire dangereux avec les plus petits.

Si les touristes viennent en baie de Somme, c’est pour la beauté du paysage mais aussi et surtout pour tenter d’apercevoir des phoques. Ils sont près de 400 selon le dernier recensement effectué par Picardie Nature et font la joie des visiteurs. 
 
Malheureusement, certains d’entre eux ont tendance à s’en approcher de trop près, au grand dam des associations de protection de la nature. “Il ne faut surtout pas approcher les phoques et encore moins les toucher“, alerte Patrick Thiéry, président de l’association Picardie Nature. 

Pourquoi il faut garder ses distances

Chaque année, l’association veille à protéger l’espèce en instaurant des surveillances estivales et en faisant de la prévention auprès des touristes. Malheureusement, le message a encore du mal à passer. “On a vu les gens rester longtemps à côté d’eux, faire des photos, des selfies, ce n’est pas sérieux“, déplore Patrick Thiéry. 

Le président de Picardie Nature explique pourquoi il est important de garder ses distances particulièrement en cette période estivale. “L’été c’est le moment des naissances, si les petits sont séparés de leurs mères et qu’il y a du monde, elles ne viendront pas les chercher. Idem si on les touche, ils garderont l’odeur de l’homme et elles ne reviendront plus“, explique-t-il. 

 

Dès lors, certains bébés peuvent rester échoués durant plusieurs jours. “C’était le cas par exemple dimanche dernier où trois jeunes phoques ont dû être récupérés, indique Patrick Thiéry. Normalement quand un petit est échoué, s’il est en bonne santé on le laisse, on l’observe plusieurs jours et on voit si sa mère vient le chercher. Et pour cela il ne faut pas qu’on l’approche.” 

 

En dernier recours, les jeunes phoques sont transférés dans un centre de soin. “Le centre de soin de Picardie Nature a fermé depuis 4 ans. Deux autres structures prennent donc à leur charge les jeunes phoques échoués en baie de Somme. À ce rythme là, si on continue d’en ramener, ces deux centres vont être saturés“, s’inquiète-t-il. 

Pas de surveillance à cause du Covid

Pour prévenir ce genre d’incident, les bénévoles de Picardie Nature assurent depuis 30 ans une surveillance estivale du 15 juin au 15 août. “Chaque année, on recrute une soixantaine de bénévoles venus de toute la France. Ces bénévoles sont formés pour intervenir auprès des touristes et pour les éloigner des phoques“, détaille le président de l’association. 

Malheureusement cette année, à cause de l’épidémie de coronavirus, cette surveillance n’aura pas lieu. “D’habitude on fait le tri parmi 150 candidatures qu’on reçoit en février/mars. Cette année comme on était en pleine épidémie, on en a reçu très peu, explique Patrick Thiéry. Quelques bénévoles seulement peuvent aller sur le terrain le week-end, mais en semaine il n’y en aura pas.

En conséquence, “au lieu de limiter la casse comme les années précédentes, il y aura plusieurs phoques morts et on sera bien obligés d’en faire le constat“, regrette-t-il. 

Tourisme versus protection de la nature

Le président de l’association compte ainsi sur le bon sens des personnes qui visitent la côte picarde. “Le problème c’est que même certains guides nature ne respectent pas les consignes et amène des groupes entiers de touristes au plus près des phoques. D’autres postent carrément sur leur site internet des photos de jeunes phoques avec leurs mères, indique que c’est la pleine période de reproduction et incite à venir les voir alors que c’est tout ce qu’il ne faut pas faire“, déplore Patrick Thiéry. 

Et face à l’attrait touristique suscité par les phoques, le président de Picardie Nature ne peut pas faire grand chose. “La baie de Somme est devenue une attraction touristique, c’est un marché énorme. Le chiffre d’affaires des guides nature peut être conséquent. Ce qui est triste parce qu’à côté de ça, on nous baisse les subventions publiques pour la protection des phoques.

 

D’autant que le nombre de structures qui proposent des “sortie nature phoque” a augmenté. “Depuis 10 ans on a vu émerger des sociétés commerciales, des associations et des auto-entrepreneur, mais on aaucune liste complète parce qu’il n’y a pas d’obligation de se déclarer quelque part. Donc quand le sous-préfet d’Abbeville les a informés qu’il ne fallait pas déranger la faune, le courrier n’a pas pu être adressé à tout le monde.” 

L’agence d’excursions en bateau “Les Petits Charcot” située à Saint-Valery-sur-Somme, elle, a bien reçu les consignes. “On ne s’approchera pas à moins de 300 mètres, assure le responsable Arnaud Forest. Dans tous les cas, nous avons toujours eu une approche pédagogique. En général, ce sont les phoques qui viennent à nous et tournent autour du bateau. En période estivale, les femelles sont à l’eau avec leurs petits. Il n’y a donc pas de risque qu’ils soient séparés, alors que sur les bancs de sable c’est différent, la mère peut prendre peur et laisser son petit.” Habituellement, le nombre d’excursions varie en fonction des marées. L’agence propose une heure de visite à 12 personnes présentes sur le bateau. Un nombre qui est limité cette année pour raison sanitaire.

“Les moyens de protection ne sont pas suffisants”

Mis à part les consignes données par les associations de protection de la nature, il n’existe pas a priori de charte spécifique concernant les phoques en baie de Somme. Dans d’autres régions, c’est pourtant le cas comme à La Réunion où les services de l’Etat ont mis en place une charte d’approche et d’observation responsables des mammifères marins et des tortues marines.

En règle générale, “les moyens de protection ne sont pas suffisants, estime Patrick Thiéry. Nous pensons qu’il faudrait déjà mettre en place un dispositif d’accréditation pour limiter le nombre de guides. Qu’ils soient clairement identifiés et qu’ils bénéficient d’une formation. Cela existe bien pour les guides de haute montagne ainsi que pour les guides en baie du Mont Saint Michel. Et ensuite il faudrait une charte concernant la communication sur les sites internet et les réseaux sociaux.

 



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