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Les Puys d’Amiens à l’honneur pour la réouverture du musée de Picardie

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Prévue à l’automne 2020 pour les 800 ans de Notre-Dame d’Amiens, l’exposition des Puys d’Amiens ouvrira le 3 juillet au Musée de Picardie. Voués à la vierge et créés pour orner la cathédrale, ils sont les témoins du passage de la société médiévale à celle de la Renaissance.

En raison de la crise sanitaire, c’est finalement avec une année de décalage, que le musée de Picardie fête les 800 ans de la cathédrale d’Amiens. Pour l’occasion, le musée consacre une exposition à la confrérie Notre-Dame du Puy, attestée à Amiens entre 1388 et la fin du XVIIIe siècle.

Cette institution pieuse, qui rassemblait des notables amiénois, clercs ou laïcs, outre la célébration régulière de messes en l’honneur de Marie, offrait à chacune des fêtes mariales, un grand concours de poésie pour glorifier la Vierge. Le terme de Puy vient du fait que ces poèmes étaient récités sur une estrade, appelée puy en français médiéval. La confrérie a pris ce nom par métonymie.

Certains Puys bénéficient de cadres en chêne sculpté comme celui de 1520.
Maître d’Amiens ? Palme eslute du Sauveur pour victoire dite Vierge au palmier, huile sur panneau et cadre en chêne sculpté, 383 x 147 cm


© Michel Bourguet / Musée de Picardie

Le 2 février, à l’occasion du jour de la célébration de la purification de la Vierge, était élu le maître annuel, un artiste à qui la confrérie commandait un tableau offert à la Vierge.

L’œuvre était exposée à la cathédrale le jour de Noël et y restait tout au long de l’année, jusqu’à son remplacement par celle de l’année suivante. Ce sont les Puys d’Amiens.

Des caractéristiques communes

Vestiges de la production artistique de la confrérie, ces puys partagent certaines caractéristiques. On y retrouve la Vierge en figure centrale de chaque tableau, mais aussi pour la grande majorité, les commanditaires et leurs proches.

En arrière-plan, certains puys transcrivent des évènements politiques et religieux, de manière parfois cachée parfois ouverte.

Par exemple, le puy de 1548 a une iconographie très claire dans l’état d’esprit de l’époque” explique François Seguin, commissaire de l’exposition et conservateur responsable des collections médiévales.

Anonyme, Puy 1548, Triumph exquis au chevalier fidèle, huile sur panneau, 188 x 121 cm

Anonyme, Puy 1548, Triumph exquis au chevalier fidèle, huile sur panneau, 188 x 121 cm

© Michel Bourguet / Musée de Picardie

“On voit une Vierge sur un char de triomphe dans les airs qui est tiré par 2 licornes et qui est en train d’écraser des ouvrages et on a des textes inscrits sur des espèces de banderoles sur le tableau qui disent qu’ils sont en train de triompher de l’hérésie et le maître de l’année, en l’occurrence, est prêtre. C’est très clairement une charge contre le protestantisme et contre la Réforme qui dans les années 1540 en Picardie a plutôt le vent en poupe. Donc par réaction, la confrérie et ce commanditaire en particulier, commande un tableau avec une iconographie assez fortement antiprotestante pour réaffirmer qu’elle n’a pas sa place dans la région et encore moins dans la cathédrale”.

Sur les puys des années 1600, c’est l’omniprésence de la figure d’Henri IV que l’on retient.

Mathieu Prieur ?, Puy de 1605, Temple illustré de lumière éternelle, huile sur panneau, 160 x 105 cm

Mathieu Prieur ?, Puy de 1605, Temple illustré de lumière éternelle, huile sur panneau, 160 x 105 cm


© Michel Bourguet / Musée de Picardie

Elle résulte de l’histoire assez compliquée de la toute fin du XVIe siècle. Amiens s’est rangée du côté des ultras catholiques contre les protestants et en particulier contre Henri IV. Henri IV fait le siège d’Amiens, arrive à reprendre la ville et met au pas la ville et son élite. Ça se traduit dans les puys quelques années plus tard par le fait que l’élite en question qui s’est finalement rangée du côté du roi, tient à se faire représenter à côté d’Henri IV sur chacun des tableaux. Si on avait de temps en temps le portrait du roi sur le tableau, ça devient systématique. On a vraiment cette volonté de se faire représenter au côté du souverain pour montrer qu’on forme une unité entre son église, sa ville, son cercle familial et son roi pour reconstituer un idéal politique de ces fondements-là, que sont la religion, le roi et la ville”.

De la cathédrale au musée

À partir de la fin du XVe siècle, les statuts de la confrérie exigent que tous les puys soient conservés à la cathédrale. Face au trop grand nombre de tableaux, en 1723, les chanoines décident de vider la cathédrale de ses puys et les dispersent à travers le diocèse. Seules les œuvres jugées d’une qualité suffisante sont conservées et finalement données au musée de Picardie en 1907.

Cette exposition est la première consacrée à l’histoire et à la production artistique de la confrérie du Puy Notre-Dame. « Il y aura près de 120 œuvres. On commence par les nôtres mais il y a aussi des prêteurs de toute la France, de Belgique et de Hollande. Il y a des tableaux et des gravures qui ont servi de modèles aux tableaux. On a des manuscrits qui proviennent de la bibliothèque nationale ».

L’exposition ouvrira ses portes au public le 3 juillet 2021 et fermera le 10 octobre.

Rappelons que le Musée de Picardie, baptisé d’abord « Musée Napoléon », est le premier musée de France construit pour conserver et exposer des œuvres d’art.

Il est classé monument historique depuis 2012.



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