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« les Birmans me disaient toujours, il faut continuer de se battre »


Ce samedi 27 mars 2021, la Birmanie a vécu la journée de répression la plus sanglante depuis le coup d’état militaire de février. Margot, une jeune mosellane de Rombas, qui y a passé huit mois en 2020, nous a contactés pour raconter la Birmanie dont elle est tombée amoureuse.

Selon les Nations Unies, au moins 107 personnes dont sept enfants sont mortes suite aux violences militaires qui ont suivi les manifestations de samedi 27 mars 2021 en Birmanie. Comme régulièrement depuis le putsch du 1er février au cours duquel l’armée a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, les Birmans descendent dans la rue pour réclamer le retour de la démocratie et la libération des prisonniers politiques.

Margot Panisset, 32 ans, habitante de Rombas en Moselle, nous a contacté pour raconter une autre histoire de ce pays, pour lequel elle a eu un coup de cœur.

« Ce pays m’a transformée », raconte-t-elle.

© Margot Panisset

Ce pays m’a transformée.

Margot Panisset

Fin 2019, elle démissionne pour partir en Asie du sud-est sans prendre de billet de retour.

C’est la première fois qu’elle voyage seule aussi loin. La Birmanie ne devait être qu’un pays à traverser. Elle finit par s’y poser et à y chercher du travail.

« La première fois où j’ai passé la frontière, j’ai été choquée par la pauvreté. Je me suis dit ‘ça ne va pas le faire’. Mais c’est en discutant avec les gens sur place que j’ai eu un coup de foudre, pour leur culture et leur façon de voir le monde ». Elle ajoute : « ce pays m’a transformée. Il m’a permis d’avoir un autre regard sur la vie. Grâce à leur résilience qu’ils ont partagée avec moi, leur façon de garder espoir, de se battre et de continuer à croire à ses rêves ».

C’est ton karma

Début 2020, Margot trouve du travail. Elle doit reprendre la gérance d’un hôtel à Nyaung Shwe. Quand l’épidémie de Covid survient, l’ambassade invite les ressortissants français à rentrer. Elle décide de rester malgré tout.
« C’était une décision difficile à prendre car je sentais l’inquiétude de mes proches en France, mais j’ai décidé de rester car j’avais encore des choses à faire avec eux ». Et là aussi, l’état d’esprit birman fait la différence. « Ils me disaient ‘ne t’inquiète pas. Si ça doit arriver ça arrivera. Bois du thé. C’est ton karma’. »

Elle doit finalement y renoncer en octobre dernier faute de ressources suffisantes, son hôtel n’ayant pas rouvert pendant toute la crise sanitaire.

Manifestants solidaires

Aujourd’hui, elle continue à discuter tous les jours avec ses amis restés là-bas. La plupart, dans les grandes villes en tout cas, continuent à descendre dans les rues pour manifester. Sur les photos qu’ils partagent, des foules immenses et des images insoutenables de corps allongés sur le sol baignants dans le sang. 
« La première semaine après le coup d’Etat militaire, je regardais en boucle les vidéos qu’ils m’envoyaient. J’étais paralysée. Je ne dormais plus. »

Depuis, elle les écoute raconter leur pays en révolte.
« Ils ont peur jour et nuit et ils ont l’impression d’être oubliés par la communauté internationale. Mais ils préfèrent mourir pour avoir un meilleur avenir que de revenir à la situation de 1988 ». Selon Margot, ils s’inquiètent désormais de ce qu’ils disent sur les réseaux sociaux mais il y a toujours beaucoup d’entraide, les manifestants reçoivent de la nourriture par exemple.

Quand elle a quitté le pays en septembre dernier, les élections législatives se préparaient. « Ils en attendaient beaucoup car les militaires avaient encore 25% des sièges. Ils espéraient en finir avec tout ça. »

Des enfants à l'avenir incertain.

Des enfants à l’avenir incertain.

© Margot Panisset

Aujourd’hui Margot a repris des études pour être prof de français langue étrangère. Elle espère pouvoir un jour retourner dans son pays d’adoption, dont les habitants lui répétaient sans cesse la même phrase « keep fighting »… Continue à te battre.

Pour continuer à suivre la situation en Birmanie sur Franceinfo: cliquez ici.

 



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