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le quotidien devenu difficile des couples franco-belges séparés par la frontière

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À cause de l’épidémie de Covid-19, la Belgique et la France ont décidé de durcir les conditions de passage de leurs frontières. Les couples franco-belges séparés doivent se plier aux différentes mesures souvent changeantes, et essayer de se projeter à deux dans un avenir incertain. 

On essaye de prendre ce qu’on peut prendre quand on peut le prendre“, confie Stéphanie, qui vit dans la région de Liège en Belgique. Son compagnon, Matthieu est installé dans le Pas-de-Calais. Tous les deux thérapeutes, ils se sont rencontrés sur leur lieu de travail et depuis, essayent tant bien que mal de se retrouver deux à trois fois par mois. 

Un luxe déjà, car pour d’autres couples franco-belges, les retrouvailles ont été drastiquement restreintes et limitées à une fois par mois. “On se retrouve 48 heures en France puis 48 h en Belgique pour éviter les quarantaines et les différentes demandes de chaque pays”, confie Jérémie. Fin 2019, il avait dû quitter la France pour trouver un travail à Bruxelles, laissant son épouse en Bourgogne. 

En Belgique ou en France, des conditions d’accès différentes

Depuis, il fait face, avec sa compagne, aux conditions diverses requises de chaque côté de la frontière pour passer d’un pays à l’autre. En Belgique, les couples binationaux n’ont pas besoin d’être mariés ou pacsés pour pouvoir justifier du motif impérieux de rejoindre leur conjoint, ce qui n’est pas le cas en France. 

Pour se rendre en Belgique, on doit remplir une attestation sur l’honneur certifiant que nous sommes un couple de longue durée, en apportant les preuves via des photos, des réservations d’hôtels, tandis que pour la France, il faut remplir une attestation de déplacement et de voyage“, explique Marie*, en couple depuis trois ans avec un habitant de la Marne. 

Autre micmac, le test PCR obligatoire, à réaliser 72 heures avant de rentrer sur le territoire français. “Le test en Belgique est payant. Il faut compter une cinquantaine d’euros, ce qui est un certain budget. On ne peut pas se permettre de le faire régulièrement et tous les mois sans savoir combien de temps cette situation va durer“, regrette Marie.

À cela, s’ajoutent les contraintes horaires liées à son emploi : “Pour faire ce test, il faut s’absenter au moins deux heures de son travail. Or, avec le Covid-19, nous fonctionnons en équipe réduite et je ne peux pas me le permettre. Donc on se limite à des visites de moins de 48 heures, seule alternative possible au test.

Une incertitude au fort impact psychologique

Une situation difficile à vivre pour Marie comme pour Christophe : “Pour ma part, j’ai encore un minimum de vie sociale du fait de mon travail, mais ma femme a plus de mal, elle se retrouve souvent seule à la maison, ce qui m’inquiète pour son bien-être.

Des inquiétudes et du stress qui l’amènent fin 2020 à “craquer” face à l’incertitude et à des règles d’entrée et de sortie du territoire qui “changeaient tous les quatre jours en Belgique.” Marie a ressenti ce même épuisement psychologique : “en un an, j’ai perdu 20 kilos et doublé ma consommation de cigarettes.

Car au manque, s’ajoutent l’incertitude et la menace d’un jour, ne plus pouvoir se retrouver. “On a l’habitude d’être organisés“, reconnaissent Stéphanie et Matthieu, “mais là, c’est devenu impossible. C’est un apprentissage de patience et de lâcher prise qui est loin d’être évident.

Même écho chez Marie : “On limite nos visites à 48 heures pour éviter la quarantaine et le test, mais sans jamais savoir dans combien de temps on pourra de nouveau se retrouver. C’est ce manque d’échéance qui joue énormément sur notre moral.

“C’est une épreuve qui nous renforce, qui n’est pas facile, mais qui nous conforte dans notre choix“, reconnaît quand même la Belge, comme une éclaircie pour ces couples binationaux : “de voir que la relation perdure malgré tout, montre que c’était le bon“, conclut-elle. 

*Prénom modifié



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