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Le nénuphar n’a pas inspiré que Monet, mais aussi les artistes de l’Art Nouveau et de l’École de Nancy (7/12)


C’est un mouvement artistique qui ne dura qu’une trentaine d’années. Débuté en 1884, l’arrivée de la  première guerre mondiale y mit un terme. L’École de Nancy, courant de l’Art Nouveau fédère des artistes et petits industriels autour d’un thème qui les inspire, la nature. Voici le nénuphar.

 

Un brin de botanique et une touche orthographique 

Le nénuphar a eu l’insigne honneur de se voir répertorié parmi les 2400 mots revus et corrigés par la réforme de l’orthographe de 1990. Osons donc le nénufar ! Ceci étant réglé, passons à l’aspect botanique. Le nénuphar appartient à la famille des nymphéacées. Il est d’origine européenne, fleurit en été et se pare de jaune, de blanc, de rose ou de rouge. Il s’agit d’une plante aquatique qu’il ne faut pas confondre avec le lotus.

Un géant artistique

Bien sûr si je vous dis nénuphar et art, d’abord vous constarerez que ça rime. Ensuite, vous ne pourrez pas vous empêcher de penser à Monet et ses « énôrmes » nymphéas. Peints sous toutes leurs coutures, sous toutes les lumières, les fameux nénuphars du jardin de Giverny occultent par leur célébrité toutes les tentatives de représentations de la plante. Le maître de l’impressionnisme en a brossé presque 300 tableaux sur trois décénnies de la fin des années 1890 jusqu’a sa mort en 1926 : une véritable obsession. Un must. Il en a tellement peints que des variations se trouvent dans un grand nombre de musées du monde entier. Sauf que. Nos artistes de l’École de Nancy sont passés par la même thématique en même temps que lui. Et comme à leur habitude, en passant par toutes les techniques. Mensuierie et marquetterie avec Majorelle par exemple, vitrail avec Gruber et verrerie avec les ateliers Daum et Gallé. Faisons, comme vous en avez désormais l’habitude, un petit tour d’horizon des oeuvres de l’École de Nancy.

Un palette de techniques

Une fois n’est pas coutume, commençons par la mosaïque. Voici une frise qui se trouve dans le hall d’entrée du Musée de l’École de Nancy. L’artiste est anonyme, mais le décor est bien reconnaissable. 

Mosaïque du hall d’entrée du musée de l’École de Nancy. Artiste anonyme.

© Sophie Gueffier / FTV / Avec l’aimable autorisation du Musée de l’École de Nancy

Poursuivons avec notre ami Gruber, qui excelle dans l’art du vitrail. Celui-ci dit « Luffas et Nymphéas » se trouve aussi au Musée de l’École de Nancy.

Vitrail

Vitrail

© Sophie Gueffier/FTV / Avec l’aimable autorisation du musée de l’École de Nancy

Avec ce vitrail oblong de l’aquarium qui se trouve dans les jardins du Musée de l’École de Nancy. Ou ce détail di vitrail « Nénuphar aux feuilles vertes« , de Gruber encore, exposé au Musée Maurice Denis de Saint-germain-en-Laye.

Et encore quelques feuilles sur ces vitraux de l’immeuble Fernand Loppinet au 45, avenue Foch à Nancy. 

En ébénisterie, voici un guéridon visible au Musée de l’École de Nancy.

Table nénuphar

Table nénuphar

© Sophie Gueffier/FTV / Avec l’aimable autorisation du musée de l’École de Nancy

Ce magnifique « Bureau de dame Nénuphar » et sa chaise assortie, de Louis Majorelle, exposés au Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. Ou encore ce fauteuil Nénuphar toujours de Majorelle et toujours au même musée. A voir toujours sur ce même site d’autres oeuvres de Majorelle : de meubles d’appui, des guéridons, des vitrines, un thème qu’il a développé particulèrement entre 1901 et 1903. Observez aussi la finesse de cette sellette.

Ci-dessous un angle d’armoire en ferronnerie.


© Sophie Gueffier/ FTV / Avec l’aimable autorisation du Musée de l’École de Nancy

Et la pièce maîtresse, le piano « La mort du cygne » de Majorelle dans le petit salon dit « Pomme de Pin » du Musée de l’École de Nancy. Voici quelques détails des motifs de marquetterie du piano sur des dessins de Victor Prouvé. 

Détail du piano

Détail du piano

© Sophie Gueffier/FTV / Avec l’aimable autorisation du Musée de l’École de Nancy

Victor Prouvé encore que l’on retrouve sur cette robe réalisée en collaboration avec Fernand Courteix « Robe, Bord de rivière au printemps » datant de 1900. Du dessin recouvrant un piano, au dessin d’une robe, Victor Prouvé fait partie de ses « touche à tout » de l’École de Nancy. Artiste peintre, sculpteur, graveur, graphiste, il s’associe avec d’autres talents à l’image du piano ou de la robe ci-dessus. Il travaille avec Camille Martin et René Wiener pour créer des reliures en cuir avec, comme la très fameuse couverture du roman de Gustave Flaubert « Salammbô ». Il est plus jeune que Gallé, né en 1858 à Nancy. Et en 1904, à la mort de ce dernier, il lui succédera en tant que deuxième président de l’Alliance provinciale des industries d’art, autrement dit l’École de Nancy. Reconnu à Nancy, comme à Paris, il crée avec d’autres artistes en 1907 l’Union Provinciale des Arts Décoratifs et devient directeur de l’École des Beaux-Arts de Nancy en 1919. Mais c’est évidemment pour ses nombreux portraits qu’on le connaît le mieux et notamment l’iconique Portrait d’Émile Gallé, auprès de qui il aura développé des trésors de diplomatie pour le décider à poser. Á noter, qu’il a réalisé pour l’Hôtel de ville de Nancy une série de douze médaillons représentant les mois de l’année sur le plafond du Grand Salon.

Enfin quelques objets décoratifs en verre. 

 

Et cette autre délicate lampe de Majorelle. Enfin, ce vase à anses à décor de nénuphars (en gros plan sur la 4e photo de l’article), acquis par le musée en 2019. Finissons ce tour d’horizon avec un vase Daum en photo ici et une equisse de Gallé. Car il est impossible de ne pas citer les prestigieux ateliers de Nancy.

Si une feuille de nénuphar double de volume chaque jour et qu'elle met 4 jours pour recouvrir la moitié de son étang, combien de jours mettra-t-elle pour recouvrir la totalité de l'étang ?

Si une feuille de nénuphar double de volume chaque jour et qu’elle met 4 jours pour recouvrir la moitié de son étang, combien de jours mettra-t-elle pour recouvrir la totalité de l’étang ?

© Florence Houvet/FTV

Le mois prochain, nous nous bercerons au gré du vent avec les gracieuses ombelles.

Réponse à la question sous le dernier dessin : cinq jours.





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