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Le gisant de Simon de Gonçan retrouve une nouvelle jeunesse


Retrouvé en 1855 lors de la restauration de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens par Eugène Viollet-le-Duc, le gisant de l’évêque Simon de Gonçan vient d’être restauré. Il reprendra prochainement sa place au sein des collections médiévales du musée de Picardie.

Il n’aura fallu qu’une dizaine de jours aux restaurateurs, dans un atelier du musée de l’hôtel de Berny à Amiens, pour redonner une nouvelle jeunesse à Simon de Gonçan. Ou plutôt au gisant en pierre de cet évêque mort en 1325.

Micro-sablage, allègement de l’encrassement, comblement des fissures, ces techniques ont permis de retrouver des traces de peinture du XIVe siècle : « il faut bien comprendre que [la sculpture] était entièrement polychromée, entièrement recouverte de peinture. On a pas mal de restes de cette peinture du XIVe siècle en partie supérieure au dessus de la tête, des résidus de polychromes qu’on a conservés », dévoile Claire Brière, conservatrice restauratrice de sculptures.

Le nettoyage a aussi révélé des petites rides au niveau du visage, des pattes d’oie, les joues creusées finement sculptées.

La restauration du gisant de Simon de Gonçan, auparavant noirci par le temps, a permis de révéler des traces de peinture du XIVe siècle

© FTV

Un double travail de restauration

Réalisé il y a plus de 700 ans, le gisant avait été retrouvé en morceaux dans la cathédrale en 1855 lors des travaux réalisés par Viollet-Leduc et restauré à l’époque à l’aide de plâtre par les célèbres frères Aimé et Louis Duthoit.

La sculpture, initialement installée dans la chapelle axiale et  remplacée par une copie, avait ensuite rejoint les collections du musée de Picardie.

Contrairement à une restauration classique, il a fallu cette fois « mettre en valeur le double travail d’un artiste du XIVe et des artistes du XIXe. Ce que l’on nous demande très rarement, car la pierre et le plâtre ne font pas bon ménage, précise Claire Brière. Le plâtre en contact avec la pierre est une source de dégradation de la pierre, donc généralement on enlève tout ce qui est plâtre sur les pierres. Là, c’était la volonté complètement inverse, il s’agit de tout garder et ce n’est pas très habituel. C’était très intéressant de ce point de vue là ».

Bientôt exposé au musée de Picardie

A l’occasion des 800 ans de la cathédrale d’Amiens, le musée de Picardie avait souhaité restaurer un certain nombre d’oeuvres liées à Notre-Dame, dont le gisant, qui n’avait plus été exposé depuis une quarantaine d’années. Il va enfin pouvoir reprendre sa place au sein des collections médiévales.

« Dans le parcours du musée, il y a une mise en lumière importante de ce monument très emblématique de l’histoire de la ville. Pour nous, c’est important de continuer à enrichir cette présentation (…) Ce qui est intéressant avec une pièce comme celle-ci, c’est qu’elle illustre la relation entre le musée et la cathédrale, le musée et son territoire. C’est à dire qu’un musée, c’est vraiment un lieu de protection, de conservation », explique Laure Dalon, directrice du musée de Picardie.

La restauration du gisant de Simon de Gonçan a été financée à hauteur de 18 000 euros par la Société des Amis de la cathédrale. Fondée en 1952, cette association de loi 1901 se compose de membres bienfaiteurs, de membres actifs et de deux membres de droit (le recteur de la cathédrale et l’architecte des bâtiments de France).

En raison des mesures sanitaires prises par le gouvernement, le musée de Picardie est fermé jusqu’à nouvel ordre et il n’est donc pas possible de découvrir le gisant de Simon de Gançon. Toutefois, en attendant la réouverture, les équipes continuent de garder le contact avec les visiteurs via Facebook et Instagram.

 





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