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« l’Allemagne a voté mais cherche toujours son nouveau chancelier », explique le politologue François Laval


Les élections législatives en Allemagne ont placé le SPD en tête devant la CDU, dimanche 26 septembre. En Sarre, le parti d’Olaf Scholz remporte une éclatante victoire. Place désormais aux tractations politiques, comme l’explique le directeur du campus de Nancy de Sciences Po Paris.

Au bout du suspense, c’est le SPD qui a remporté les élections législatives du dimanche 26 septembre 2021, en Allemagne.

Mais le parti d’Olaf Scholz qui a recueilli 25,7% des voix ne devance la CDU/CSU que d’une courte tête au terme d’une soirée électorale particulièrement indécise et palpitante. A tel point que les premiers sondages relayés par les chaînes de la télévision publique donnaient en début de soirée le SPD et la CDU à égalité avant qu’une légère avance ne se dessine pour les sociaux-démocrates.

Le SPD caracole en tête en Sarre

Une chose est certaine, le coup est rude pour la chancelière Angela Merkel. Car les résultats de son parti ne sont pas bons.

En l’espace de quatre ans, la CDU a perdu 8,8% de ses électeurs ce qui a profité au SPD. Quand aux sociaux-démocrates, ils gagnent pour leur part 5,2% par rapport au précédent scrutin législatif et surtout reviennent de loin car il y a encore un an peu de monde aurait parié sur leur victoire tant ils étaient à la dérive dans les sondages. 

Chez nos voisins sarrois, la victoire du SPD est encore plus nette puisque le parti d’Olaf Scholz réalise un score remarquable de 37,3%. Dans le plus petit Land du pays, les sociaux-démocrates terminent loin devant la CDU qui ne recueille que 23,6% en baisse de 8,8% par rapport aux dernières élections législatives d’il y a 4 ans. Une défaite aussi pour le Ministre-Président CDU Tobias Hans. 

L’heure des tractations politiques

Dès hier soir sur les plateaux de télévision, Olaf Scholz pour le SPD et Armin Laschet pour la CDU ont tous les deux revendiqué le droit de former un gouvernement de coalition. Même si la dynamique joue en faveur du SPD arrivé en tête, les conservateurs ne semblent pas avoir abdiqué.

Même si ce n’est pas une obligation constitutionnelle, la tradition parlementaire veut que le président propose le candidat à la tête du parti ayant eu le plus de voix ou de députés.

François Laval, politologue et directeur du campus franco-allemand de Sciences Po Paris à Nancy

Le système politique allemand étant radicalement différent du nôtre, nous avons interrogé le politogue François Laval qui est également directeur du campus franco-allemand de Sciences Po Paris à Nancy pour qu’il nous explique ce qui peut se passer maintenant: « L’article 63 de la Loi Fondamentale prévoit que le candidat à la chancellerie est proposé par le président fédéral et surtout exige que le chancelier soit élu à la majorité absolue des membres du Bundestag. Si le candidat proposé n’obtient pas la majorité absolue dans les 14 jours, le Bundestag peut lui-même élire à la majorité un autre candidat. Même si ce n’est pas une obligation constitutionnelle, la tradition parlementaire veut que le président propose le candidat à la tête du parti ayant eu le plus de voix ou de députés lors des élections législatives. » 

Angela Merkel va devoir jouer les prolongations comme chancelière en attendant que son successeur soit désigné.

© Fabrizio Bensch / AFP

Reste désormais à former des alliances avec les autres partis car, comme le souligne François Laval, au vu des résultats de ces élections législatives Olaf Scholz et Armin Laschet n’ont que deux possibilités.
« Soit une grande coalition par défaut comme en 2017, soit une coalition élargie à trois partis avec les Verts et les libéraux du FDP ».

Des coalitions comprenant trois partis qui portent des surnoms comme par exemple la coalition « Jamaïque » c’est-à-dire avec la CDU (noir) les libéraux (jaune) et les écologistes (Verts), ou encore la coalition dite  »des feux de circulation » un attelage entre le SPD (rouge), les libéraux du FDP (jaune) et les écologistes (Verts). Mais les différences de programme entre ces différents partenaires étant parfois importantes sur des sujets aussi sensibles que la hausse des impôts par exemple, les discussions entre partis vont durer des semaines et des semaines.

Hier soir, les principaux leaders politiques allemands ont tout juste évoqué à l’unisson la possibilité de conclure ces accords de gouvernement avant Noël. Cela veut dire qu’il faudra encore attendre longtemps pour connaître le nom du futur chancelier qui succèdera à Angela Merkel. On se souvient qu’en 2017 il avait fallu 117 jours pour aboutir à la signature d’un contrat de coalition entre le SPD et la CDU.

 



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