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la première recyclerie de l’agglomération ouvre ses portes à la rentrée


Après deux ans d’études et de recherche de financements, l’association la Benne Idée propose aux particuliers et aux professionnels de récupérer leur mobilier afin de lui redonner une nouvelle vie. Une dizaine d’emplois devraient être créés à Jarville avant la fin de l’année 2021.

On n’a pas encore l’électricité” s’amuse Thomas Henry, membre fondateur de la Benne Idée. Il mène la visite des locaux, mercredi 25 août 2021, avec entrain, le sourire vissé au visage : “on est là depuis avril et il a fallu faire un gros ménage“.

L’association a passé une convention avec la ville de Jarville pour occuper gracieusement 1000 mètres carrés d’une ancienne usine.

© Thibault Perisse (La Benne Idée)

Aidés d’une demi-douzaine de bénévoles, les trois membres fondateurs ont commencé par nettoyer les lieux afin de les rendre disponibles pour leur nouvelle activité : la collecte et le recyclage des objets de la maison, c’est-à-dire les meubles, la vaisselle, les bibelots et les matériaux de construction/rénovation.

Collecte

Les espaces de travail sont désormais définis, les premiers dons de meubles s’entassent doucement, les premières ventes en click and collect démarrent : “nous ne pouvons pas encore recevoir de public ici, nous devons d’abord faire les travaux pour être aux normes“, précise l’ancien chef d’atelier d’une grande entreprise de menuiserie, qu’il a quittée il y a plusieurs années : “ça ne correspondait plus à mes valeurs, ni à ce que je cherchais dans la vie“.

Thomas Henry, ancien chef d'atelier dans une grande entreprise de menuiserie, s'occupera notamment des personnes en réinsertion.

Thomas Henry, ancien chef d’atelier dans une grande entreprise de menuiserie, s’occupera notamment des personnes en réinsertion.

© Thibault Perisse (la Benne Idée)

Un an de chômage plus tard et lors d’un stage dans une entreprise d’insertion il rencontre Antoine Plantier et Chloé Geiss.

Le couple d’ingénieurs sature également de son environnement professionnel. Tous les trois veulent mettre en œuvre un projet dans l’agglomération nancéienne, qui ne compte alors aucune association de collecte et recyclage de mobilier, alors que les volumes recueillis par les déchetteries de l’agglomération augmentent régulièrement chaque année.

1901

Les statuts de l’association sont déposés en 2019 et elle bénéficie dans un premier temps d’un accueil à l’Octroi, le “tiers-lieu” de la ville de Nancy. “Mais impossible de démarrer notre activité là-bas, nous avions besoin de place“.

L'association collecte déjà du mobilier et des objets de la maison qu'il rénove et valorise sur son site internet.

L’association collecte déjà du mobilier et des objets de la maison qu’il rénove et valorise sur son site internet.

© Thibault Perisse (la Benne Idée)

Dans ses nouveaux locaux, la Benne Idée s’active pour être opérationnelle : “nous recevons les dons sur rendez-vous, mais, dès la semaine prochaine, nous aurons des horaires fixes pour que les gens puissent venir déposer ce qu’ils souhaitent nous donner” explique Antoine Plantier.

L’association peut aussi accéder aux déchetteries du Grand Nancy pour s’approvisionner, les entreprises ont également la possibilité de leur donner “ce qui reste à la fin des chantiers par exemple, et qu’on peut valoriser“.

Emploi

L’accueil sera facilité par le premier recrutement, celui de Thomas, qui sera salarié au 1er septembre.

C’est sur lui que reposent l’atelier bois, la réparation et bientôt la fabrication de meubles à partir de ceux que l’association aura récupéré. Il sera épaulé par des professionnels, comme Delphine Menou, tapissière à Nancy. Grâce au financement d’un dispositif d’aide aux projets innovants, la Benne Idée pourra bénéficier pendant huit mois des conseils et de l’expérience de la professionnelle de l’assise qui les aidera à revaloriser leurs chaises et à réutiliser dans ce sens les matériaux comme les mousses et les tissus qu’ils pourront récupérer.

Investissements

En charge des finances, Antoine Plantier sera le prochain embauché, “d’ici la fin de l’année“.

Il prévoit les investissements nécessaires, à hauteur de 140.000 euros, pour permettre de s’équiper de machines professionnelles “et notamment d’une aérogommeuse, qui permet de débarrasser le bois de son vernis et de lui redonner sa teinte naturelle“. Thomas le menuisier confirme : “on peut récupérer des meubles qui ne sont plus au goût du jour simplement parce que leur couleur ne l’est plus. Si on l’enlève, on peut lui trouver un nouveau propriétaire, à un prix solidaire“. Les emplois seront financés par des aides publiques, auxquelles s’ajouteront le produit des ventes, et le soutien de partenaires privés.

Chloé Geiss était ingénieure agronome avant de se lancer dans l'aventure de la Benne Idée.

Chloé Geiss était ingénieure agronome avant de se lancer dans l’aventure de la Benne Idée.

© Thibault Perisse (la Benne Idée)

Insertion

Après avoir mené un chantier éducatif rémunéré pour cinq jeunes de Jarville cet été 2021, les membres de l’association s’apprêtent à recruter sept adultes en réinsertion. “On espère les accueillir dès l’automne, nous avons des besoins pour collecter, vendre et valoriser“, explique Antoine Plantier, “et ça nous permettra surtout de pouvoir aller chercher des meubles chez les particuliers qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à nous“. Pour accompagner ce service, l’association a lancé une campagne de financement participatif qui vise à s’équiper d’un camion pour les collectes.

Les personnes en insertion “seront recrutées localement, à Jarville ou dans la métropole“, assure Antoine Plantier. L’association a obtenu récemment l’agrément de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) du Grand Est.

Mixité

Chloé Geiss fait le constat que “les recycleries existent un peu partout en France, rien qu’à Paris il y en a 35, et près de 150 dans toute la France qui appartiennent au Réseau National des Ressourceries“.

Mais il n’y en avait aucune jusqu’à présent dans le Grand Nancy, alors que les besoins en mobilier à prix abordable sont nombreux. “Un habitant de la métropole sur cinq est étudiant et a besoin de se meubler pas cher“, assure Antoine Plantier. Au-delà, l’association installée à Jarville assume son implantation : “on veut que chez nous il y ait un brassage, que des gens fauchés côtoient des bobos, que ceux qui ne se croisent jamais puissent avoir une chance de le faire ici“.

 



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