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La pomme de pin inspire les artistes de l’Art Nouveau et de l’École de Nancy : Majorelle, Bergé, Gruber (12/12)


C’est un mouvement artistique qui ne dura qu’une trentaine d’années. Débuté en 1884, l’arrivée de la  première guerre mondiale y mit un terme. L’École de Nancy, courant de l’Art Nouveau fédère des artistes et petits industriels autour d’un thème qui les inspire, la nature. Voici la pomme de pin

Pour finir cette année du 12Oe anniversaire de la création de l’École de Nancy en beauté, nous avons choisi de faire de tour de la pomme de pin.

Un brin de botanique

Première colle pour nous, il nous avait été présenté, lors de notre visite du Musée des Beaux-Arts de Nancy une illustration de Henri Bergé, avec ce qui nous avait semblé être une représentation de pomme de pin. À bien y regarder, quel ne fut pas notre étonnement de découvrir qu’il ne s’agissait pas de planche de pin (sic!) mais d’une planche représentant l’aune ou aulne. Quoi ? Se serait-on trompé ? Que nenni ! Les expertes du musée, nous ont joué un petit tour, mais ne s’y sont pas trompées. L’explication est botanique : le fruit de l’aulne se nomme strobile et il est en forme de cône vert puis brun, tout comme le fruit des conifères qu’on appelle plus communément pomme de pin, mais qui se nomment également strobiles. Encore eût-il fallu que nous le sachions. 

On ne peut conclure cette série sur l’Art Nouveau sans évoquer l’apport artistique et botanique d’Henri Bergé. Employé comme « dessinateur unique » et « chef des décors et des modèles » aux verreries Daum, dès 1895, son apport créatif est essentiel. Pour fournir des modèles représentatifs, destinés aux ouvriers des ateliers, il réalise des planches botaniques, comme celle de l’aulne ci-dessus, qui au fil de leur enrichissement, constituent une véritable « Encyclopédie florale » de référence. Elle compte des centaines de planches, conservées au Musée des Beaux-Arts de Nancy. Bergé dirige ainsi, avec Jacques Gruber, à l’intérieur même de la manufacture, une école de dessin et de modelage. A la fois, créateur et formateur. Il est l’auteur de nombreuses affiches, publicités et autres illustrations de catalogues au service de la diffusion et de la communication des productions Daum. Ainsi que d’illustrations de menus marquant les événements divers qui ponctuent la vie nancéienne. Il est également l’auteur de vitraux, et c’est moins connu, qui se trouvent à la Cure d’Air de Malzéville.

Le royal cône

Louis Majorelle aimait tellement la pomme de pin que son fils Jacques, peintre, le représente avec le cône dans une main et ses pinceaux dans l’autre. Curieusement, nous l’avons vu le mois dernier, c’est la monnaie du pape qu’il a choisi pour décorer toute sa maison. Mais il a consacré une grande partie de son temps à l’étude de la pomme de pin, selon les informations données par Madame Valérie Thomas, conservatrice du Musée de l’École de Nancy.

Cependant, le salon de la Villa Majorelle, qui sert d’antichambre d’accueil à ses visiteurs porte fièrement les cônes ornementaux. Les canapés, deux fauteuils et deux chaises assortis, sont tous tapissés de pommes de pin. Il s’agit de l’ensemble Pommes de pin .

Enfin, voici à nouveau le piano qui se trouve au Musée de l’École de Nancy. Conçu sur un dessin de Victor Prouvé, on retrouve le motif de la pomme de pin en frise sur le couvercle du clavier. Sur le plateau, des nénuphars, vus dans un précédent article. 

Le joli cône 

Mais, au même titre que toutes les plantes sur lesquelles nous nous sommes déjà penchés, chaque artiste de l’Alliance provinciale des industries d’art, s’est emparé du thème. Ci-dessous un détail de vitrail de Gruber, exposé au Musée de l’École de Nancy.

Ou cette esquisse de Gallé.

Ajoutons à ces talents, celui de Camille Martin, peintre, affichiste et relieur, surnommé « le peintre populaire des sapins », car dans ses tableaux il aime à représenter la forêt vosgienne. Voici, une de ses affiches les plus célèbres qui n’a rien a voir avec la pomme de pin, mais qui prouve son implication dans l’École de Nancy.

Cocottes de verre vêtues

Et ces œuvres en verre, les grands classiques des atelier Gallé.

 

 

 

Ou ce vase en faïence émaillée qui se trouve au Metropolitan Museum. Ou encore ce détail de ferronnerie qui se trouve au Musée de l’École de Nancy.

Architecture et pignons

Ouvrons ce dernier chapitre avec l’immeuble qui accueille désormais l’Oh! du Grand Nancy. Construite pour le docteur Louis Spillmann, à l’angle de la rue Saint-Léon et de l’Avenue Foch. Voici une maison au « total look » extérieur, motif cocotte : frise en pierre et bandeau en terre cuite, ferronnerie des grilles et piliers sculptés. 

Quelques rues plus loin, au-dessus de la faculté de lettres, la Villa les pins rivalise d’effets cocottes sur les frontons de ses fenêtres.

La maison Huot, construite en 1903 par Emile André se présente sous un fronton pommé.

Enfin, un dernier petit tour à la Brasserie l’Excelsior couronnée d’une frise en fer et pâte de verre.

Rendez-vous pour un article supplémentaire, pour faire un dernier tour dans l’œuvre de l’École de Nancy avec une carte pour vous y perdre.





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