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la BD Underground raconte les rockers maudits et les grandes prêtresses du son


Avec le scénariste breton Arnaud Le Gouëfflec, le dessinateur messin Nicolas Moog publie « Underground » (aux éditions Glénat). Une bible graphique de 300 pages qui rend hommage aux génies de la musique injustement oubliés par l’Histoire.

Vous connaissez Boris Vian, Patti Smith ou Nico, la première chanteuse du Velvet. Mais aviez-vous déjà entendu parler de la diva péruvienne de l’exotica Ymac Sumac qui a influencé Björk ? De Louis Thomas Hardin, dit Moondog, le SDF aveugle qui portait en permanence un casque de viking mais enregistrait avec des membres du New York philarmonic ? De Daniel Johnston, le « meilleur songwriter de la terre » selon Kurt Kobain ? Il voulait être Beatles, il finit schizophrène, se croyant possédé par Satan. Leurs œuvres ont bouleversé l’histoire de la musique, mais ils sont restés méconnus du grand public.

Arnaud Le Gouëfflec, scénariste brestois et Nicolas Moog, dessinateur messin, réparent cette injustice et racontent leurs histoires dans « Underground » (paru chez Glénat, le 14 avril 2021). Ils mettent en lumière 50 « rockers maudits et grandes prêtresses du son » que l’industrie musicale n’a pas réussi à consacrer, mais qui ont tous eu une influence considérables sur leurs collègues.

Rockers et poètes maudits, même combat.

© Nicolas Moog

Tout a commencé par une chronique que tiennent les deux auteurs, tous deux musiciens également, sur les grandes figures de la musique du XXème siècle dans La revue dessinée. « Notre idée, c’était de ne pas faire quelque chose de classique sur les groupes mainstream, mais de parler de ces musiciens en marge qui sont passés en dessous des radars », résume Nicolas Moog.

Des « grands frappés »

Ça me paraissait des personnages considérables. Il fallait au moins signaler au grand public leur présence, là juste sous la surface.

Arnaud Le Gouëfflec, scénariste

Arnaud Le Gouëfflec raconte : « Ce sont tous des inventeurs qui ont créé des formes nouvelles qui ont été développées par d’autres. Certains ont eu des vies torturées, mais beaucoup n’ont pas cherché la célébrité, voire même ont toujours refusé la lumière. Cette BD, c’est surtout le fruit de décennies de fascination. Ça me paraissait des personnages considérables. Il fallait au moins signaler au grand public leur présence, là juste sous la surface. »

Il ajoute : « Il y a des gens qui viennent du rock, du métal, de la country. Le point commun, c’est le refus du conformisme. Ce sont tous des grands frappés qui ont recherché des choses liées à des obsessions personnelles. Plus jeune, j’étais fasciné par Salvador Dali. On avait l’impression qu’il venait de la planète Mars. C’est dans le rock que j’ai retrouvé un tel génie et une telle singularité. »

Comics américains

Nicolas Moog, le Messin, a déjà dessiné de nombreux albums autour de la musique. Quand il ne tient pas un crayon, il joue de la guitare dans Thee Verduns, un groupe « complétement maudit », affirme-t-il.

Le dessin, pour lui, a débuté adolescent, avec les affiches de ses concerts qu’il allait photocopier « chez le Syrien rue du pont des morts » à Metz.
« Adolescent, je n’avais pas envie d’écouter ce que tout le monde écoutait et c’est là qu’on découvre des trucs géniaux ».

Son style, noir et blanc, est directement inspiré des comics américains des années 70. « J’ai regardé beaucoup de photos des artistes. Je peux passer d’un dessin assez poussé quand j’essaie d’être sentimental et de rendre grâce au portrait à un style presque cartoon quand il s’agit de raconter les péripéties de leurs vies. »

Son préféré : Townes Van Zandt, chanteur folk texan, qui n’aimait rien plus que sa guitare et le whisky. « Des chanson à l’os, des textes sublimes et quelques accords de guitare », la perfection pour Nicolas Moog.

Le préféré de Nicolas Moog: Townes Van Zandt

Le préféré de Nicolas Moog: Townes Van Zandt

© Nicolas Moog

La Française qui a inventé l’électro

Une de ces génies méconnus, c’est la Française Eliane Radigue. Elle a aujourd’hui 89 ans et a été une des pionnières de la musique électronique. Elle se destinait à devenir nonne, elle a été un temps assistante de Pierre Henry, qui lui est passé à la postérité avec sa « Messe pour le temps présent ». 

C’est à l’université de New York qu’elle découvre son « stradivarius », le synthétiseur modulaire ARP 2500. Tellement d’avant-garde, qu’un jour elle écrit toute une symphonie pendant un vol Nice-Corse à partir du ronronnement des hélices de l’avion.

Eliane Radigue, la pionnière française de la musique électronique.

Eliane Radigue, la pionnière française de la musique électronique.

© Nicolas Moog

Eliane Radigue et des tas d’autres oubliés sont à découvrir dans « Undergroung » (chez Glénat).

Dans la préface, Michka Assayas, le spécialiste rock de France inter, explique:  « Les maudits dont il est question dans Underground n’ont pas été victimes d’un sort injuste. Quelle qu’eût été leur volonté, ils se seraient montrés incapables de séduire le public. Cependant, par un retournement qui est le propre de l’art, ces inadaptés ont eu le pouvoir incandescent de transformer cette infirmité en génie. »

Mais attention lecteurs, soyez prévenus, c’est une bande dessinée vénéneuse. Elle va vous donner envie d’acheter… Beaucoup… Beaucoup… De disques vinyles.

 



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