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Hauts-de-France

“Karim contre Mittal” : trois raisons de regarder le documentaire de Pedro Brito da Fonseca

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Le pot de terre contre le pot de fer. David contre Goliath. Karim contre Mittal. Karim est un citoyen indigné, lanceur d’alerte, qui mène seul un combat contre le puissant ArcelorMittal. Voici 3 raisons de regarder le documentaire “Karim contre Mittal”  sur France 3 Grand Est.

C’est ainsi qu’il se présente Karim : “Je suis monsieur Ben Ali Karim, vous savez ? Le lanceur d’alerte d’ArcelorMittal“. Car cela fait plus de trois ans maintenant que sa vie se réduit à une vidéo qu’il a enregistrée en décembre 2016. Depuis qu’il a lancé cette alerte à la pollution, il se retrouve seul contre le puissant groupe ArcelorMittal. Sans emploi, sans aide, malgré la loi Sapin censée protéger les lanceurs d’alerte, il survit, emportant sa famille dans sa spirale infernale. Voici trois raisons de regarder le documentaire Karim contre Mittal diffusé sur France 3 Grand Est en replay.  

1 – D’abord s’indigner

C’est comme si toute sa vie désormais se résumait à son acte de lanceur d’alerte. “C’est moi qui ait dénoncé la groupe Mittal pour pollution dans une vidéo qui montrait un déversement de produits acides“, dit-il pour se présenter. C’est ainsi qu’il se définit, ni par son âge, par sa situation familiale, ni par sa formation ou son métier, mais par son acte courageux, guidé par sa seule indignation devant la procédure organisée qu’on lui demande d’effectuer : déverser le contenu mordoré d’une citerne d’un camion sur un terrain en friches, à l’abri des regards.

Il ne s’imaginait pas, Karim, qu’en s’indignant ainsi, il allait vivre un véritable cauchemar. Il croyait bien faire, il pensait dénoncer “le pollueur” pour sauvegarder son petit coin de planète. Les événements ont viré autrement. Car on ne s’attaque pas à un géant industriel de l’envergure d’ArcelorMittal avec pour toute preuve sa petite vidéo et sa bonne foi. Quand tant d’autres détournent le regard ou ne se posent tout simplement pas les bonnes questions, Karim déclare, comme une évidence “C’est important de faire son devoir de citoyen”.

 


2 – Puis résister

Contre vents et marées. Résister face à l’entreprise qui ne renouvelle pas les contrats, résister contre les confrères, qui craignent pour leurs propres contrats et s’éloignent discrètement. Contre les syndicats et les élus qui camouflent leur impuissance derrière leur cynisme. Karim Ben Ali raconte “Le maire de Florange m’a dit : «Monsieur, vous avez fait tellement de mal à notre ville que vous avez fait chuter l’immobilier» !” On lui reproche sa “naïveté”. On craint pour l’économie d’un territoire, on craint pour l’image de marque. Pour la planète ? On verra plus tard. Quand il ne faut pas encore se battre contre ceux qui croient dur comme fer, qu’il a touché le jackpot en diffusant sa vidéo.

Alors, il frappe aux portes, pour retrouver du travail, pour reconquérir sa dignité et pour faire vivre sa famille. Les autres entreprises alentour, les agences d’intérim ne lui offrent plus de contrats. Le Luxembourg ? Pas de travail pour lui non plus de l’autre côté de la frontière. Edouard Martin, ancien délégué syndical chez ArcelorMittal et député européen peine à l’aider. Il l’écoute, le conseille, mais reste démuni face au géant industriel.

Même le député européen Edouard Martin, ancien d'ArcelorMittal semble impuissant à aider Karim Ben Ali

Même le député européen Edouard Martin, ancien d’ArcelorMittal semble impuissant à aider Karim Ben Ali

© FTV / 13 Productions / Citizen Films

Pourtant il existe une loi, la loi Sapin, destinée à protéger les lanceurs d’alerte. “On m’a dit que la loi Sapin protège ! Mais c’est pas monsieur Sapin qui va à la banque alimentaire à la fin du mois, car c’est ça la vie d’un lanceur d’alerte. C’est un combat : tu te lèves, tu y penses, tu te couches, tu y penses, des fois j’en rêve… c’est plutôt un cauchemar.” C’est une difficulté de tous les instants et parfois le doute le gagne : “J’aurais dû fermer ma gueule (…) Tout ça pour un liquide jaunâtre.” 


3 – Pour que la culpabilité change de camp

Ce qui détruit Karim, c’est cette sensation d’être seul contre tous. “Personne ne veut me recevoir, je suis devenu un paria dans cette région.” Sa région, celle de sa famille. Petit à petit, l’isolement le détruit. Et c’est par le biais d’associations qui défendent les lanceurs d’alerte que l’espoir renaît un peu. Elles tentent de regrouper les lanceurs d’alerte, car on est plus forts quand on est plus nombreux. Déjà, la rencontre de ces citoyens courageux entre eux participe à l’espérance. Là, Marjorie remercie Karim Ben Ali : “Vous êtes mon héros” dit-elle à l’homme incrédule, lui qui a plutôt l’habitude d’être raillé. Là, il rencontre Antoine Deltour, autre lanceur d’alerte du Grand Est, vainqueur de sa lutte contre une banque luxembourgeoise. Là, l’espoir peut-être qu’un géant peut tomber sous les coups d’un lilliputien.

Il existe un comité de soutien à Karim si vous souhaitez l’aider ainsi qu’une page Facebook.  



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