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« il n’y a pas d’études qui sont réellement faites » sur leur dangerosité estiment des professionnels


Le monde du tatouage fait face à une nouvelle réglementation européenne. Plusieurs éléments chimiques ne pourront plus être utilisés dès le 4 janvier 2022. A Nancy et Metz, des tatoueurs estiment que cette mesure ne va pas dans le bon sens.

Les tatoueurs professionnels vont devoir s’adapter. Une réglementation européenne va interdire l’utilisation de certaines couleurs pour les tatouages. Elle entrera en vigueur dès le 4 janvier 2022. L’Agence européenne des produits chimiques (Echa) est à l’origine de cette mesure. L’organisme a publié une étude, qui classe les substances utilisées comme toxiques pour la santé.

« C’est n’importe quoi. Cela fait des années que nous nous plions aux règles. Par précaution, ils vont interdire certaines encres, alors qu’il y a très peu de problèmes de santé chez les individus », rétorque Laurent Boulmier, gérant du Rock’n Tatoo à Nancy.

Au total, 25 pigments vont être interdits, et les seuils de plus de 4.000 substances sera réduit. Une pétition européenne a été lancée contre cette directive. Elle a rassemblé plus de 171.000 signatures.

Le Syndicat national des artistes tatoueurs (Snat) dénonce une précaution sanitaire disproportionnée. Le groupe précise que 5 à 10 ans sont nécessaires pour élaborer une encre de tatouage sûre et stable.

Pour Laurent Boulmier, « s’ils changent les substances, il y aura très certainement des différences au niveau des couleurs. Il faut voir également si cela tient à la pose du tatouage, à la cicatrisation et si c’est durable ».

« Il n’y a pas d’études qui sont réellement faites. Personne n’est allé à l’hôpital après être passé chez nous. C’est aux fabricants de prouver que les encres ne sont pas nocives », affirme Éli Chipot, associée depuis deux ans au Rock’n Tatoo.

À Metz, Sabien explique que « de toute manière, nous n’avons pas à être d’accord ou non. Nous n’avons pas notre mot à dire ». Le tatoueur fait partie de District 6 Tatoo Conspiracy.

Les tatoueurs ne savent pas vraiment comment ils vont s’organiser.

Sabien, membre du District 6 Tatoo Conspiracy à Metz.

Selon lui, « le seul risque qu’il peut y avoir, c’est une rupture de stock des nouvelles couleurs ». À quinze jours de la nouvelle réglementation, « les tatoueurs ne savent pas vraiment comment ils vont s’organiser ».

Le Snat estime que les pouvoirs publics doivent surtout mieux encadrer le métier. L’association professionnelle regroupe 1.500 adhérents en France. Elle rappelle que le tatouage clandestin s’est renforcé pendant la crise sanitaire et « semble déjà s’être banalisé ».

Le 4 janvier 2023, l’encadrement des tatouages sera encore renforcé. Le texte bannit à cette date le recours aux pigments bleu et vert. Le syndicat assure que ces nouvelles restrictions ne feront que pousser les individus vers l’utilisation de produits non-conformes.



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