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Hauts-de-France

Entre Cora et les agriculteurs lorrains, une bataille de farine qui tourne court

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La FDSEA de Meurthe-et-Moselle accusait les hypermarchés Cora de brader des farines étrangères au détriment de la production locale. L’enseigne a fait retirer ces produits. Un incident révélateur de la susceptibilité du monde agricole, toujours à cran vis-à-vis de la grande distribution.

Des farines polonaises ou belges à 35 centimes le kilo, contre 80 pour de la farine française de marque ! En découvrant ces offres sur le site de Cora en ligne, la Fédération départementale des exploitants agricoles et les Jeunes Agriculteurs de Meurthe-et-Moselle (FDSEA/JA) ont eu le sentiment de s’être fait rouler dans la farine. 

Il y a dix jours à peine, au ministère de l’Agriculture, les enseignes de la grande distribution s’engageaient dans une charte à mettre en avant les produits frais et locaux… “Plus près de vous et de vos goûts”, disait l’affiche. Autant dire que les deux syndicats ont vu dans cette promo une véritable provocation. Un communiqué furibard a été envoyé à la presse et publié sur leur site. Les plus chauds des militants étaient près d’envoyer les tracteurs à la charge. 

Dès le lendemain, les farines incriminées ont disparu du site Cora… et le communiqué du site FDSEA 54 ! Que s’est-il passé ? Pourquoi un désarmement si rapide ? Pour comprendre l’histoire, il faut remonter huit mois plus tôt.

Printemps 2020 : à l’annonce du premier confinement c’est la panique dans les hypers. Rappelez-vous : papier toilette, pâtes, sucre et farines sont dévalisés par des consommateurs anxieux, jusqu’à la rupture de stock. Le cauchemar de tout commerçant.

Automne 2020 : à l’approche du second confinement, les chefs de rayon bien informés passent des commandes massives de ces produits “sensibles ” pour éviter que la mésaventure se reproduise. Après tout, c’est leur métier d’anticiper… Mais du coup, ils ne sont pas trop regardants sur l’origine des produits.

Montagnes de farine

Hélas, le consommateur est un animal imprévisible : cette fois-ci, aucun mouvement de panique, pas d’achats de précaution, les gens ont compris qu’ils n’auraient pas à soutenir un siège.

Et voilà comment certains Cora lorrains se retrouvent avec des montagnes de farines étrangères à écouler. Mais les stocks, ça coûte cher et la farine est une denrée périssable. Du coup, la polonaise est vendue à prix cassés. 

Une “maladresse”, selon Luc Barbier, le président de la FDSEA 54, qui s’est expliqué avec la direction de Cora. L’enseigne aurait pu faire don de ces stocks à des organismes humanitaires, comme c’est fréquemment le cas pour des produits proches de la péremption. Et il en sera peut-être ainsi, puisque Cora ne propose plus ces farines à la vente.

Le patron des agriculteurs meurthe-et-mosellans concède avoir, de son côté, réagi un peu vite. “Ce n’est pas à la marque Cora qu’on en veut… Il faut nous comprendre… le monde agricole crève de faim”. Une crise des prix qui dure depuis quatre ans, et qui prive nombre d’agriculteurs d’un revenu décent. Ils accusent régulièrement la grande distribution de tirer les prix à la baisse en jouant sur la concurrence européenne, voire mondiale.

Un bras de fer qui n’est pas près de s’achever. Ce 18 novembre, dans un Cora de la banlieue nancéenne, les farines lorraines sont exposées en bonne place. Les farines françaises bénéficient d’un petit logo tricolore “100% blés de France”. Mais la farine “premier prix” (à 44 centimes) est allemande.



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