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“en Europe, pouvoir traverser les frontières est une chance”

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À 25 ans, Adam vit depuis toujours à Wervicq-Sud, commune du Nord transfrontalière. Chaque jour, il se rend en Belgique pour aller travailler. Une chose commune pour ce citoyen portugais né en France. Un multiculturalisme sans frontières. Premier portrait d’une série baptisée #NousLesEuropéens.

Traverser la frontière est une chose commune pour Adam Moreira. À 25 ans, le jeune homme a vécu toute sa vie près de la Belgique, à Wervicq-Sud dans le Nord. “J’ai toujours été habitué comme ça, faire mes courses en Belgique, revenir, mettre de l’essence… 

Depuis six ans, il se rend également en Belgique pour travailler dans l’entreprise de textile Balta. Et pour cela, il n’a pas eu de démarches particulières à faire. “Pas de visa, pas besoin d’avoir non plus un papier spécial pour travailler. Quand j’en parle à d’autres personnes, pour eux, cela leur paraît bizarre de franchir une frontière tous les jours. Mais en fait, c’est quelque chose de simple. En Europe, c’est une chance“, affirme-t-il.

Le jeune homme n’a pas tardé à trouver rapidement du travail. “Un ami m’a dit que la Belgique était un bon pays pour le travail, à ce moment-là, j’avais besoin de payer ma voiture, de commencer ma vie. Je me suis inscrit à un forum pour l’emploi et en quelques jours, j’ai eu un coup de fil d’une entreprise et aujourd’hui cela fait 6 ans que je travaille là-bas.

Adam Moreira s’occupe de la torsion du fil dans l’entreprise textile où il travaille depuis 6 ans

© FTV

Durant ses six années d’expérience, Adam a eu le temps d’appréhender les méthodes de travail belges. “Ce n’est pas pareil qu’en France, la mentalité, la façon de travailler, au niveau du salaire aussi. Je trouve qu’il y a beaucoup de discipline et de rigueur, on sent qu’on est bien là pour travailler. C’est ce que j’apprécie.

100% portugais

Bien que né en France, à Tourcoing, Adam n’a pas la nationalité française, mais portugaise. Ses parents ont immigré dans le Nord avant sa naissance. “Il y avait beaucoup d’immigration à l’époque, la France était un bon pays pour y vivre“, confie-t-il. 

S’il a toujours vécu à Wervicq-Sud, Adam se revendique clairement portugais. “À 16-17 ans j’avais la possibilité de faire mes papiers français, mais non je ne les ai pas fait. Pour moi je suis Portugais, je ne me considère pas comme étant Français.” Sans trop savoir comment l’expliquer, pour lui c’est plutôt une histoire de ressenti. “C’est dû à mes coutumes, la façon dont j’ai été élevé. Ça a toujours été comme ça. Et puis j’ai toujours vécu entouré de Portugais. Notamment ma grand-mère qui parle souvent portugais avec moi.

Très attaché à son pays, Adam s’y rend d’ailleurs régulièrement, mais pas en tant que touriste. “Ah non j’y vais clairement en tant que Portugais“, sourit-il.

S’il vit encore chez ses parents, en France, il espère un jour pouvoir passer définitivement la frontière. Non pas vers le sud, mais vers la Belgique, l’autre pays qu’il a choisi et où il aimerait vivre. 



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