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Écailler au chômage, il crée un bar à huître itinérant dans l’Aisne

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Après un licenciemment économique et face au peu d’emplois en poissonnerie dans l’Aisne, Jérémy Bauduin a décidé de monter son entreprise de food-truck à Soissons. Grâce à son projet, il a également obtenu récemment le prix régional Talents des Cités 2020.

Rien ne l’arrête, pas même la crise sanitaire. En novembre dernier, Jérémy Bauduin monte son entreprise avec sa compagne Natacha Lefèvre et son ami Cédric Vie. Tous les trois décident de relooker une caravane et d’en faire un food-truck. Un bar à gourmandises plus exactement. “Moi je m’occupe de la partie bar à huîtres et eux la partie pâtisserie“, explique le tout récent chef d’entreprise.

Une belle récompense pour ce poissonnier-écailler de métier. Né à Soissons, il se passionne tout jeune pour le milieu de la pêche. “Quand j’avais 10-12 ans j’habitais vers Hirson, il y avait beaucoup de rivières, c’est ici que ma passion est née.” À l’âge de 14 ans, il effectue un stage dans un élevage de truites et est orienté vers une maison familiale et rurale dans la Somme. Il passe ensuite son bac professionnel et réalise de nombreux stages dans le milieu de la mer.

Si on est passionné, il faut creuser

Pour trouver un emploi, le jeune homme est contraint de quitter sa ville natale. Il décroche alors son premier job de poissonnier à Compiègne puis enchaîne les CDD en Picardie et Champagne-Ardenne. “J’ai travaillé dans des poissonneries, des restaurants, des grandes surfaces, des grossistes“, énumère-t-il. Des expériences variées qui le font progresser jusqu’à son retour à Soissons. “J’ai entendu dire que l’une des dernières poissonneries avait été rachetée, j’ai donc postulé et obtenu le job.” Malheureusement, un peu plus d’un an après son embauche, la poissonnerie doit fermer. Jérémy est licencié pour motif économique. “Du jour au lendemain, je n’ai plus eu de nouvelles. Je suis resté 5 mois sans salaire“, confie-t-il.

Un coup dur, que le Soissonnais encaisse. Après avoir cherché d’autres solutions, il décide finalement de créer son entreprise. Il prend contact avec divers organismes, notamment la BGE qui l’aide à monter son projet. Un an plus tard, le food-truck voit le jour et dans la foulée le poissonnier reçoit le prix régional Talents des Cités 2020.

Ces dernières années, c’est vrai que le licenciement a été très dur pour moi. Mais ce n’est pas parce qu’on est en difficulté qu’on ne peut pas s’en sortir.

Jérémy Bauduin

Si on est passionné, il faut creuser. Il y a toujours des possibilités de se faire accompagner. Il y a beaucoup d’organismes : la BGE, la mission locale, la chambre de métiers et de l’artisanat, les maisons de quartier. Si on a un projet, il faut se laisser guider par les gens“, affirme Jérémy Bauduin.

En circuit court

Et c’est cette idée d’entraide qui est au cœur du projet de Jérémy. Pour s’approvisionner, il travaille en circuit court. Les huîtres viennent de Normandie et pour les pâtisseries tout est picard. “Les œufs viennent de Morsain, la farine d’un meunier situé aux alentours de Soissons, les fruits sont de saison et proviennent de différents maraîchers locaux, détaille-t-il. On a la chance d’avoir plein de produits autour de nous, je pense que c’est important de mettre en valeur les producteurs locaux.

En échange, les maraîchers lui permettent de venir vendre leurs produits sur leurs exploitations. “Le vendredi, on est à Missy-sur-Aisne et le samedi à Courtieux dans l’Oise à la limite avec l’Aisne“, précise Jérémy Bauduin. Le food-truck est également installé à Ambleny sur le parking d’une ancienne auberge repris par une association et au marché couvert de Soissons. À la fin de la crise sanitaire, les trois entrepreneurs aimeraient se rendre un peu partout dans la région.

Le but c’est d’aller vers les gens, affirme Jérémy Bauduin. S’il n’y avait pas eu le confinement, je n’aurais pas poussé le concept aussi loin. On a senti qu’il y avait une demande d’un commerce de proximité, notamment dans les petits villages.” Jérémy a également prévu un service de livraison dans le secteur de Soissons qui sera opérationnel toutes les semaines à partir de février. Il désire aussi mettre en place un système de box avec du poisson sur le modèle des paniers légumes. Une multitude d’idées le temps de pouvoir accueillir ses clients sur place pour une dégustation d’huîtres, une fois la crise sanitaire passée.



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