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des maires entre soulagement et agacement après l’annonce de la reprise de tous les élèves le 22 juin



Alain Vasselle, maire d’Oursel-Maison et président de l’Union des maires de l’Oise ne cachait pas début juin son agacement face aux mesures sanitaires réclamées par le ministère de l’Education nationale. Finalement, deux semaines plus tard, le bilan est positif.

Mais il fallu que l’administration mette de l’eau dans son vin : « Les services de l’Etat ont accepté d’assouplir le dispositif au niveau de la désinfection des locaux et sur l’isolement d’un élève en cas de suspicion de covid en classe. Nous avons pu mettre en place une alternance une semaine sur deux entre les CM1 et les CM2 [ndlr : l’école de la commune fait partie d’un regroupement et ne compte que deux classes]. »

L’annonce par Emmanuel Macron dimanche dernier d’une reprise de tous les élèves le 22 juin ne l’a d’ailleurs pas choqué : « C’était attendu par un certain nombre de familles. Cela permettra la reprise de l’activité économique. »

Des procédures sanitaires légèrement modifiées

En revanche, pas de miracle : les conditions d’accueil, bien que moins draconniennes, n’en demeurent pas moins complexes. « Le nouveau dispositif est très légèrement assoupli, constate avec regret Alain Vasselle. Nous allons maintenir l’alternance, car les locaux sont trop petits pour accueillir tous les enfants en même temps tout en respectant la distance d’un mètre entre chaque élève. Nous nous sommes mis d’accord avec la rectrice d’académie. »

Mais si la préfecture l’oblige à accueillir tous les élèves en même temps, « nous le ferons, mais le préfet prendra la responsabilité du risque de contamination. »

Car comme le rappellait le 5 juin le ministre de la Santé Olivier Véran, « le virus recule, mais il circule toujours ».

C’est pourquoi Christophe Dietrich, maire de Laigneville, souhaitait ne prendre aucun risque et attendre la rentrée de septembre. Il avait donc décidé fin mai de ne pas rouvrir les trois groupes scolaires de sa commune. Il avait toutefois mis en place une garderie gratuite pour les sept cents élèves. « Cela avait été accepté par le sous-préfet. Mais il nous a rappelé quelques jours plus tard pour qu’on accueille quand même les élèves les plus en difficulté. Nous avons donc rouvert la semaine dernière une école pour une trentaine d’enfants et avons maintenu la garderie pour les autres. »

La garderie sur un seul site permettait de concentrer les personnels municipaux et de gérer au mieux la situation tout respectant les gestes barrières. D’où son agacement après le discours télévisé du président de la République.

L’édile a tout de suite écrit au sous-préfet pour l’avertir qu’il ne rouvrirait que si la désinfection était limitée à une fois par jour (contre deux dans le premier protocole) et l’a averti que les employés municipaux ne mettraient pas en place les mesures de distanciation : « Mes services techniques ont un planning établi pour les deux prochains mois. Je ne vais pas tout casser pour quelques jours. C’est à l’Education nationale de se débrouiller. »

Consternation similaire du maire de Courcelles-lès-Gisors, Alain Frigiotti : « Ils nous prennent pour des andouilles ! On avait déménagé les cinq classes pour respecter le précédent protocole. Jeudi et vendredi, il faudra tout remettre. Le président a annoncé la reprise des tous les élèves pour permettre aux parents de retravailler, car le chômage partiel coûte cher. Après, il faut qu’on se débrouille. »

Pas de cantine à partir du 22 juin

Lui aussi n’était pas favorable à une reprise avant l’été et n’avait rouvert l’école « sous la pression des parents et des instituteurs » que le 12 juin, un mois après le début du déconfinement. « Dans l’ensemble, ça s’est bien passé. Nous avons accueilli cinquante des cent vingt élèves. »

Mais à Courcelles-lès-Gisors comme à Laigneville, les deux dernières semaines se feront sans restauration scolaire : « Selon le nouveau protocole, je ne peux accueillir que 35 élèves dans le réfectoire, alors que normalement ils sont cent à manger. Donc, il n’y aura pas de cantine, les enfants devront venir avec leur casse-croûte et manger dans la cour », explique Alain Frigiotti.

Pour son homologue de Laigneville, c’est le délai de réservation des repas auprès du prestataire qui pose problème : « Il faut huit jours. Du coup, on commencerait le jeudi de la semaine prochaine. Ce serait trop tard. »

La dernière inconnue, le nombre d’élèves, renforce les élus sur la pertinence de la décision présidentielle : « Beaucoup de parents m’ont dit qu’ils ne remettraient pas leur enfant à l’école, affirme Christophe Dietrich. Moi-même je n’ai pas encore décidé si mon fils retournerait à l’école maternelle. La scolarité à la maison se passe bien. Quel intérêt de revenir ? Je rappelle que ce n’est pas l’école qui est obligatoire, mais l’instruction. »





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