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Hauts-de-France

Coronavirus. “C’est dramatique” : le cri du coeur des boîtes de nuit, grandes “oubliées” de la crise sanitaire

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“C’est dramatique”. L’inquiétude a gagné Bruno Mezouar, le patron des discothèques lilloises le Network, le Room, le Huit et du Set à Arras : “Tous les jours, je me réveille en me demandant si on va s’en sortir”. Pour lutter contre la propagation du Covid-19, ses établissement ont fermé le 14 mars et risquent de ne pas rouvrir avant plusieurs mois. Le dirigeant a dû mettre ses 94 salariés au chômage technique du jour au lendemain.

Il n’a réalisé aucune rentrée d’argent depuis maintenant deux mois, mais les charges fixes, elles, continuent à tomber : “Entre les assurances, le loyer et les abonnements à l’électricité par exemple, je dois verser près de 30 000€ chaque mois. Nos économies commencent à fondre, ce n’est pas tenable”. 
 

30% des établissements en “grand danger” 

Et il n’est pas le seul. Tout le monde de la nuit tente de survivre. Le syndicat national des discothèques et lieux de loisir (SNDLL) a réalisé un sondage en interne auprès de 300 établissements de nuit. Résultat, plus de 30% d’entre eux se disent en grand danger. 

Les professionnels du secteur ne remettent pas en question la fermeture de leurs établissements. Ils regrettent, en revanche, l’absence d’accompagnement du gouvernement face à telle menace. Si les prises de parole politiques évoquent la situation des bars et les restaurants, pas un mot sur les discothèques. 
 

Dans une lettre ouverte, Bruno Mezouar pousse un “cri du coeur” : “On nous a demandé de fermer et depuis, personne ne revient vers nous. Je me demande ce que l’on représente aux yeux de l’Etat”. Une pétition pour soutenir “Les oubliés de la nuit” a recueilli plus de 10 000 signatures. “On espère qu’elle atteindra le Premier ministre. On ne fait pas que servir des verres, nous sommes aussi des acteurs culturels. Quand on fait venir David Guetta ou Bob Sinclar, c’est toute la ville de Lille que l’on fait rayonner”, se défend le patron du Network. 
 

Pas question de rouvrir avec un mètre de distance entre chaque client

À ce jour, aucune date de réouverture n’a été annoncée. Mais pour Christine Demarquette qui tient le Golden Wave, un petit club du centre-ville de Lille depuis 30 ans, pas question d’ouvrir les pistes tout de suite : “Plus confiné qu’une boîte de nuit, c’est impossible, mieux vaut attendre un vaccin. Nous faire rouvrir éventuellement en septembre, en nous faisant payer 100%, c’est nous assassiner. Il nous faudrait alors fournir des masques, du gel hydroalcoolique et maintenir les gens à un mètre de distance. Impensable, les clients ne se déplaceront jamais”.

Christine Demarquette préférerait que la France s’aligne sur d’autres pays européens qui annoncent des dates bien plus lointaines. Les experts préconisent une réouverture en mars 2021 pour l’Italie et à l’automne 2021 pour l’Allemagne. 

En attendant que l’Etat français ne prenne une décision, les gérants s’appuient sur les quelques mesures mises en place par le gouvernement comme le chômage partiel, le report des facture et l’accès aux prêts garantis par l’Etat. “Bref, des mesures sous forme de prêts uniquement …. qu’il faudra rembourser !”, se désole le président du SNDLL, Patrick Malvaës. “Nous sommes très déçus, rien sur les loyers ni les assurances -qui n’indemnisent aucun établissement. Ce plan doit être complété, il en va de la survie de nos établissements !”.  
 

Un secteur déjà sinistré avant le coronavirus 

Souffrance économique, mais pas que. Pour les acteurs de la nuit, ne plus travailler provoque une grande frustration. C’est notamment le cas de Frédérique et Jean-Charles Houvenaeghel, dirigeants de la discothèque Le Manoir à Bailleul : “ Chez nous, c’est un vrai rendez-vous le week-end avec près de 40% d’habitués. Notre clientèle nous manque !”. Alors pour ne pas couper le lien avec les fêtards, les deux frères publient des nouvelles, des souvenirs et des chansons chaque jour sur les réseaux sociaux. 
 
Cette crise sanitaire inédite et à perte pour les discothèques intervient dans un contexte déjà tendu. Alors qu’on en comptait 4 000 dans les années 1980, il n’en reste plus que 1200 aujourd’hui en France. Pour le président du syndicat national des discothèques, le secteur est au bord de l’implosion : “nous sommes une profession affaiblie à laquelle on impose un coma fatal”. 

 



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