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Comment l’orchidée a inspiré les artistes de l’Art Nouveau et de l’École de Nancy (6/12)

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C’est un mouvement artistique qui ne dura qu’une trentaine d’années. Débuté en 1884, l’arrivée de la  Première Guerre mondiale y mit un terme. L’École de Nancy, courant de l’Art Nouveau fédère des artistes et petits industriels autour d’un thème qui les inspire, la nature. Voici l’orchidée.

Ce dimanche 6 juin a été choisi par Nancy pour fêter la journée mondiale de l’Art Nouveau. Traditionnellement, cette journée est fêtée le 10 juin, jour qui correspond aux décès de deux grands noms de ce mouvement, le Catalan Antonio Gaudi et le Hongrois Ödön Lechner. Aucun de ces deux architectes ne fit partie de l’École de Nancy, mais leur art est cousin. Concentrons-nous sur notre courant local et son amour pour les plantes avec, ce mois-ci, la splendide orchidée.

Un brin de botanique  

Son nom est synonyme de beauté, de fragilité et d’exotisme, l’orchidée fait figure de plante reine pour de nombreux amoureux des fleurs. On en compte entre 25.000 et 30.000 espèces réparties dans 850 genres de la famille des orchidacées. Etymologiquement, son nom vient du latin orchis qui vient lui-même du grec orkhis qui signifie testicule. On en trouve la trace depuis environ 80 millions d’années. En 2020, une nouvelle espèce a encore été découverte à Madagascar par les Royal Botanic Gardens de Kew au Royaume-Uni, qui lui a donné le titre d’orchidée “la plus moche du monde”. Si vous voulez mon avis, ce n’est même pas vrai.

Une fois encore, Henri Bergé dessine et peint à l’aquarelle une planche de l’orchidée. 

Orchis – Une orchidée sauvage de France

© Sophie Gueffier / FTV / Avec l’aimable autorisation du musée des Beaux-Arts de Nancy

Si vous possédez une orchidée chez vous, il y a de grandes chances que ce soit une phalaenopsis ou une cybillium. Sinon pour les observer dans leurs milieux naturels, il faudra vous rendre dans les milieux tropicaux, chauds et humides. Une dernière chose qui peut se placer en société, les orchidées sont souvent épiphytes, ce qui veut dire qu’elle pousse sur des arbres ou des plantes, sans être un parasite comme le gui. 

Une note artistique

Nous avons déjà évoqué l’attrait des artistes de l’École de Nancy pour les plantes exotiques, notamment à travers le ginkgo et toute la vague japoniste. Le goût de l’exotisme, mis en valeur lors des expositions universelles et les expositions coloniales est très en vogue à la Belle Epoque. Et, chaque atelier contribue à mettre en valeur cette fleur.

Ce sont encore les expertes des musées de Nancy, Valérie Thomas, directrice du Musée de l’École de Nancy, Marion Pacot, du musée des Beaux-Arts qui nous ont guidés parmi les collections. Majorelle orne d’orchidées en bronze ces vitrines :

Musée de l'École de Nancy - vitrine orchidées Louis Majorelle. Acajou, bronzes dorés.

Musée de l’École de Nancy – vitrine orchidées Louis Majorelle. Acajou, bronzes dorés.

© Musée de l’École de Nancy/Sophie Gueffier/FTV

Gruber, le touche-à-tout, sculpte la délicate dans le bois.

Musée de l'École de Nancy- vitrine orchidées Jacques Gruber. Bois sculpté et mouluré.

Musée de l’École de Nancy- vitrine orchidées Jacques Gruber. Bois sculpté et mouluré.

© Musée de l’École de Nancy/Sophie Gueffier/FTV

Cette petite table ou ce bureau “Aux orchidées” de Louis Majorelle, datant de 1902 ou 1903 exposé au musée d’Orsay à Paris. 

Ce bureau La Forêt lorraine, 1899, d’Émile Gallé, avec des orchidées au centre du motif.

Emile Gallé, un passionné de l’orchidée

Émile Gallé s’est littéralement passionné pour les orchidées. Valérie Thomas, conservatrice du musée de l’École de Nancy remarque qu’il les a beaucoup étudiées mais finalement et curieusement peu représentées. Jean Pertuy, docteur en médecine et orchidophile, dans les annales de l’Est de 2005, nous décrit cette passion de l’artiste dès son plus jeune âge pour cette fleur si particulière. Fort de ses connaissances en botanique, Gallé participe à la fondation de la Société nationale d’horticulture de Nancy puis devint membre de la Société nationale d’horticulture de France en 1878. Voici quelques exemples d’œuvres consacrées aux orchidées, conservées par divers musées : le musée d’Orsay conserve notamment un vase très original de l’artiste. Les Musées Royaux de Belgique également. Ou encore cet autre vase. Aucun ne ressemblant à l’autre. 

Comment évoquer l’École de Nancy sans parler du fameux Émile Gallé ? Contrairement à certains de ses confrères artistes, industriels, et autres botanistes de l’École de Nancy, Émile Gallé est bien né à Nancy en 1846. C’est le local du mouvement. La petite histoire raconte qu’il doit son prénom à Jean-Jacques Rousseau et son essai L’Émile. Ainsi comme dans l’ouvrage, une attention particulière est donnée à son éducation. Son père l’éveille à la botanique au cours de leurs longues promenades, et ses précepteurs lui donnent le goût des fleurs, des arts et des savoirs littéraire et intellectuels. Il ira ainsi jusqu’au baccalauréat, diplôme obtenu très rarement à cette époque.

Papa Gallé, Charles, tient un commerce de cristaux et de porcelaines à Nancy à l’angle des rues Saint-Dizier et de la bien nommée rue de la Faïencerie. Sa prospérité lui permet d’obtenir le titre de “fournisseur de la Maison de l’Empereur”. Fiston Émile rejoint papa dans le négoce et tient l’atelier créatif. Bientôt rejoint par son ami Victor Prouvé. En 1884, passage à la vitesse supérieure, la première usine Gallé est construite. L’atelier comptera au final quatre parties : la faïencerie, l’ébénisterie, l’atelier de dessins pour la création et puis viendra la verrerie avec un premier four. C’est le temps des vases. L’occasion de présenter le célèbre portrait d’Émile Gallé réalisé par Victor Prouvé. 

L’usine est prospère, et embauche à tour de bras. Des techniques de travail du verre sont peaufinées dans l’atelier sous la houlette d’Émile, qui comme les frères Daum, innove en la matière. Sa réussite fait des envieux. Les frères Muller, employés à la verrerie, vont la quitter, emportant avec eux maints secrets de fabrication. 

En 1901, le 13 février précisément, il fonde avec Louis Majorelle, Antonin Daum et Eugène Vallin l’Alliance provinciale des industries d’art, autrement nommée École de Nancy. Émile meurt en 1904, au fait de son succès. L’exposition universelle de Paris en 1889 avait fait de lui un artiste renommé dans toute l’Europe, celle de 1900 l’a fait crouler sous le travail.

Souvent copié, jamais é-Gallé, voici un article qui vous aidera à démêler le vrai du faux.

 

Ou encore celui-là.

Quelques frises et décors extérieurs de la Villa Majorelle. Des rangées de carreaux en céramique dessinés par Sauvage.

Des frises d'orchidées ceinturent quelques fenêtres de la Villa Majorelle à Nancy

Des frises d’orchidées ceinturent quelques fenêtres de la Villa Majorelle à Nancy

© Sophie Gueffier / FTV / Avec l’aimable autorisation du Musée de l’École de Nancy

Ou ce détail relevé par un internaute.

Enfin voici un détail de la façade de cette maison rue de Malzéville, la maison Victor Luc, ou maison du tanneur. Maison qui a fort heureusement résisté à la destruction, alors que sa voisine, la maison Paul Luc, frère de Victor et également tanneur a été détruite en 1968.

Version poétique de l'orchidée, proche cousine du papillon ?

Version poétique de l’orchidée, proche cousine du papillon ?

© Florence Houvet / FTV

Le mois prochain nous nous rafraîchirons avec le nénuphar. 





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