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c’est le moment de préparer sa prairie fleurie pour embellir le printemps 2021


Après avoir, comme la fourmi de la fable, bien travaillé dans votre jardin tout le printemps et tout l’été, vous vous retrouvez un brin désœuvré en ce début de septembre. Il est encore un peu tôt pour les travaux d’automne, taille et plantations, alors notre ami l’optimiste jardinier, Eric Charton, du club relais jardin et compostage vous a concocté une idée à sa façon : semer votre prairie fleurie. 

Mais attention, pas n’importe comment ! Il ne s’agit pas de prendre le premier sachet de graines venu et de le jeter à la volée en comptant sur les bienfaits de Mère Nature. Que nenni ! C’est tout un art et nous allons nous empresser de vous éclairer. Nul besoin de s’étendre les bienfaits d’une telle option, nous l’avions déjà fait dans un précédent article. Rappelons juste qu’elle favorise la biodiversité et la présence d’insectes protecteurs des plantes. Cercle vertueux.

Vous préférez vous occuper de votre gazon à l’anglaise, que vous tondez régulièrement, arborant vos muscles saillants,  à chaque tonte, sous le regard enamourés de vos voisines, libre à vous ! Vous pouvez directement passer à la fin de cet article pour retrouver le fameux et incontournable faux dicton du mois, tout droit sorti de l’imagination fertile d’Eric.

Vous êtes tout.e prêt.e à tenter l’aventure, suivez le guide : pourquoi semer sa prairie fleurie (ou même son gazon anglais, si vous y tenez vraiment) en septembre ? Il était naguère de coutume de semer la pelouse de son choix aux premices du printemps. Mais le changement climatique est passé par là, apportant ses périodes de sécheresses, ses vents d’avril ou même ses phases de canicules, mettant à rude épreuve les fragiles semis de gazon. Choisissez donc septembre, plus riche en pluies (sauf cette année !) et aux températures encore douces. Un autre avantage à choisir septembre voire octobre, c’est l’impact météo sur ce qu’on a tendance à appeler les “mauvaises herbes“, et que les jardiniers avertis nomment savamment adventices. Ces plantes ont besoin de voir leur cycle complet jusqu’à la floraison s’effectuer, afin de se multiplier, soit de s’épanouir au moins trois mois. Le printemps leur offre cette opportunité. En revanche, si vous semez à l’automne, le froid de l’hiver viendra ralentir la maturité et empêcher la floraison. Elles seront alors empêchées de se multiplier. CQFD.


1/ À vos marques : Sachez distinguer le sol qui convient 

Savez-vous si votre parcelle de jardin est riche en azote ? Non ? C’est ballot, car il faut savoir que la prairie fleurie ne pourra s’épanouir que sur un sol pauvre en azote. Si votre jardin est déjà planté, vous pourrez repérer les zones carencées en azote à la couleur du feuillage de vos plantes : s’il est peu coloré, voire tire vers le jaune, si vos plantes semblent  pousser très lentement, ou si vos arbres fruitiers ne donnent plus que de tout petits fruits, vous pouvez établir un lien avec le manque d’azote. Semez votre prairie fleurie dans ce coin-là. 

Si, en revanche vous voulez semer sur une zone riche en matière organique, sur la parcelle de votre ancien potager par exemple, il va falloir retrousser vos manches. Un sol qui a été ameubli régulièrement est trop riche en azote. La solution ? Retirer le sol ! Rien de moins. Eric vous conseille d’enlever 5 centimètres d’épaisseur de terre. La terre qui est en-dessous de cette couche n’aura pas été pénétrée par les enrichissements que vous aurez apportés. Attention, si vous avez une surface de 10 mètres² à engazonner, cela va vous faire 1 mètre ³ à ôter. Il vaut mieux prévoir une solution d’évacuation avant de se retrouver devant votre monticule terreux.

Le terrain idéal, -la nature est tout de même bien faite-, c’est le terrain tout chamboulé, que vous découvrez après la construction de votre maison : le terrain remué, écrasé, malmené par les engins de travaux : ce terrain n’attend qu’une chose : qu’on l’engazonne ! 


2/ Prêts ? Préparez votre terrain

Avant toute chose, il va falloir préparer votre terrain. Pour ce faire, donnez un coup de griffe sur la zone à engazonner. Dans le langage des spécialistes de l’agriculture biologique, on appelle cela la technique du faux semis. Pour simplifier, il s’agit d’une sorte de feinte : vous griffez la terre comme si vous alliez semer des graines, mais vous n’en faites rien. Les adventices (voir plus haut) s’empressent de pointer le bout de leurs feuilles et hop d’un coup de sarclette ou de râteau, vous ratiboisez le tout. Adieu mauvaises herbes, et à vous le terrain nickel. Eric Charton conseille de renouveler l’opération deux fois. 


3/ Partez : semez

Votre terrain et prêt, c’est le moment de semer. Comptez 2 à 4 grammes de graines par m². Le conseil d’Eric, c’est de ne surtout pas procéder à la louche. Vous risquez de vous retrouver avec trop de graines sur un espace et pas assez sur un autre. “Vous allez vous retrouver avec trois touffes qui vont finir par s’étouffer et des trous partout ailleurs.” Effet ridicule garanti. La première étape, c’est de bien choisir ses graines. Il en existe de toutes sortes, prenez bien de le temps de lire les étiquettes des sachets (Eric l’assure, on peut généralement s’y fier, faites attention notamment aux mélanges destinés plus à l’ombre ou à la lumière, aux sols humides ou plus secs…). Ou mieux encore demandez conseil à votre grainetier, ou votre grande surface de jardinage. L’idéal est de prendre des mélanges de graines locales. Si vous êtes en Alsace, choisissez des variétés de coquelicots alsaciens, plutôt que belges et inversement. Mieux encore, partez collecter vous-même au bord des routes de campagne (attention à ne pas le faire sur les zones protégées) les graines des mauves, chicorées, vipérines, roquettes et autres fleurs des champs. “Les plantes sauvages endémiques, il n’y a rien de mieux pour la diversité.” affirme Eric Charton. D’autant que certaines variétés de graines “ensachetées” résistent mal à l’hiver. À noter cependant que la prairie fleurie a un coût : environ 3 euros par gramme de graines.

Les choix de couleurs sont multiples.

Les choix de couleurs sont multiples.

© Eric Charton / Pour FTV

Une fois vos graines en poche, pesez-les. Répartissez-les en lots de 2 à 4 grammes. D’autre part, afin de calculer de façon exacte votre surface de terrain, tracez physiquement des marques au sol, pour représenter chaque mètre². Vous savez que vous avez 3 m² à couvrir, prenez 3 tas de graines, ajoutez-y un peu de sable blanc ou un peu de sciure. Puis répartissez chaque lot sur chaque mètre carré.  La technique est certez un peu fastidieuse, mais elle vous évitera trous et touffes dont on parlait un peu plus haut. Ensuite faites ce qu’Eric appelle “la danse du râteau“. Retournez votre rateau et tasser le sol avec en tapotant partout partout. Le nec plus ultra, c’est le rouleau à gazon, mais tout le monde n’a pas forcément cela en magasin. Le râteau fera l’affaire. L’idée c’est que la graine soit bien en contact avec le sol. Bien sûr s’il ne pleut pas le jour même, arrosez. Et réitérez si besoin les jours suivants. Au printemps, à vous la belle prairie fleurie ! 

Mais les petits oiseaux ne risquent-ils pas de venir picorer mes petites graines, juste tassées sur le sol ? C’est en effet un risque. Vous pouvez toujours planter de petits piquets que vous relierez avec de la rubalise ou de l’alu, ou de plus grands piquets ou vous suspendrez quelques CD usagés, qui se balanceront et créeront quelques éclats de soleil, susceptibles d’effaroucher les volatiles…. Cela dit, nos petits piafs commencent à s’habituer à toutes nos combines et s’ils sont vraiment déterminés à tâter de vos graines, il y a fort à parier qu’ils y parviendront. 


4/ Ma prairie fleurie est magnifique, je fais quoi maintenant ?

Plusieurs choix s’offrent à vous: 

  • Vous ne faites rien. Vous baillez aux corneilles. Vous profitez. Vous procrastinez. Le risque, c’est qu’au fil des années, les graines se ressemant d’elles-mêmes, les insectes proliférant, le sol s’enrichissant, vous vous retrouviez avec une forêt dans votre jardin….. À vous de voir.
  • Vous montrez à vos voisins perplexes, que oui tout à fait, vous entretenez votre pelouse. Ce n’est pas parce que vous ne tondez pas à l’anglaise que vous n’êtes pas aux petits soins pour votre petit coin de paradis. Afin de faire taire les mauvaises langues et de leur couper l’herbe sous le pied, Eric vous suggère de tracer des sentiers sinueux dans la zone enfleurée, simulant les magnifiques jardins anglais. La touche romantique de ces ondoyants sillons n’échappera pas à la sagacité de vos voisines, remplaçant avantageusement les muscles saillants, obtenus à la force de vos bras poussant la poussive tondeuse du grand-père. 
  • Vous entretenez encore un peu plus cet espace. Et entre le 15 et le 30 juillet, vous fauchez le tout. On a bien dit “fauchez” pas “tondez”. À la fauche, à l’ancienne ou au tonitruant rotofil, à vous de choisir. Laisser sécher les déchets de tonte sur place quelques jours, puis surtout retirez-les et allez les déposer aux pieds de vos plantations de potager. Si vous les laissiez, ils risqueraient d’enrichir votre sol en azote et donc de vous mettre dans la configuration du petit a.
  • Le dernier avantage de cette prairie fleurie, c’est qu’elle est réversible ! Un coup de tondeuse et il n’y paraît plus.

Le mot de la fin. Comme il est d’usage maintenant, Eric Charton nous livre son faux dicton, dont on lui laisse l’entière responsabilité “Le jardinier en herbe a une pelouse au poil.” A bon entendeur !
 



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