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c’est encore la saison des dahlias au Jardin botanique Jean-Marie Pelt


Chaque occasion est bonne pour aller se promener au Jardin botanique Jean-Marie Pelt de Villers-lès-Nancy. En ce début octobre, il est encore temps d’aller admirer les formes et les couleurs des dahlias.

Il peut arriver que les réseaux sociaux soient source de plaisir. Si, si croyez-moi ! Le profil Instagram du jardin botanique Jean-Marie Pelt de Villers-lès-Nancy est de ceux-là. Quelques « posts » de fleurs colorées et ventrues m’ont réjouie. Voyez plutôt.

Mais pourquoi se contenter d’un plaisir virtuel, aussi plaisant soit-il ? Rendez-vous fut donc pris pour admirer en vrai, en pistils, en étamines et en tiges, les fleurs qui persistent en ce début d’automne, parmi lesquelles les flamboyants dahlias. À la faveur d’un rayon de soleil, les plantes ont dévoilé leurs derniers atours. Malheureusement, le coup de vent du tout premier weekend d’octobre a eu raison du majestueux exemplaire de Dahlia Imperialis, de près de trois mètres de haut qui trônait à l’entrée du jardin ornemental. Un petit tunnel de protection recouvre désormais le plant rompu afin d’éviter que les prochaines pluies ne pénètrent dans la tige creuse et ne fassent pourrir le pied. Dommage, mais ça nous donnera l’occasion d’y retourner plus tôt dans la saison l’an prochain. Les autres variétés, présentées dans le jardin d’ornement ont suffi à satisfaire nos pupilles. Sans compter la poésie qui se dégage de tous leurs petits noms charmants: invitation au voyage ou à la rêverie : Napoli, Mimosa, Clio, Eclipse, Ashado, Nirvana, Orage blanc, Funambule, Fabuleux ou p’tit Coquin…

Un brin de botanique

Les dahlias sont des plantes sauvages originaires du Mexique et du Guatemala. Le jardin botanique Jean-Marie Pelt possède plusieurs de ces espèces sauvages ou « botaniques » dont le dahlia pinnata, ou dahlia commun. Pour la petite histoire, Katia Astafieff nous apprend, qu’à l’instar de la pomme de terre, le dahlia a été importé en Europe dans l’espoir que son tubercule devienne un aliment. « Il faut croire que ce n’était pas très bon, car on n’a pas trouvé trace de recette !« , ajoute la directrice adjointe. Avis aux amateurs.

À partir de ces plants sauvages, les botanistes se sont mis à sélectionner, hybrider et multiplier les tubercules. Au cours du XIXe siècle, les botanistes s’en donnèrent à cœur joie et multiplièrent les tentatives d’hybridation. C’est d’ailleurs à l’un d’eux, un botaniste suédois Anders Dahl, que le dahlia doit son nom. Il existe aujourd’hui des milliers de variétés horticoles, c’est-à-dire, issues des hybridations. On les appelle les « cultivars« .  

Parmi ces variétés horticoles, voici le dahlia Nancy rebaptisé Nancy Jean-Marie Pelt en hommage au grand botaniste lorrain, mort en 2015. Il nous accueille à l’entrée de l’espace ornemental du jardin botanique. La variété, crée en 2016 par l’obtenteur Ernest Turc, fleurit depuis l’été 2017 dans le jardin botanique éponyme.

Le conseil  du jardinier en chef

Si chez vous, dans votre jardin quelque part en Lorraine ou plus largement dans le Grand Est, vous profitez de vos dahlias, et voulez les voir refleurir au printemps prochain, voici quelques conseils délivrés par Karim Benkhelifa, responsable des collections tempérées au Jardin Botanique Jean-Marie Pelt : « Sous nos climats, il faut arracher les dahlias; ils ne sont pas assez rustiques pour supporter le froid du Grand Est; ailleurs, il peut parfois être paillé, mais ici c’est prendre un risque de les voir pourrir« . Voici donc la méthode à suivre :

  • Coupez les fleurs après les premières gelées. Il faut vraiment attendre cette période de froid pour laisser le tubercule se fortifier-grâce à la photosynthèse- dans la terre le plus longtemps possible. 
  • Une fois que les fleurs sont coupées, il faut arracher les tubercules.
  • Laissez-les sécher, à l’air libre, à même le sol, bien séparés les uns des autres.
  • Secouez-les bien pour retirer toute la terre
  • Puis rangez-les dans des caisses, à l’abri de la lumière, dans une pièce froide.

Au printemps, vous n’aurez plus qu’à replantez vos tubercules en les séparant d’environ 50 cm. Dahlias cactus, dahlias fleur de camélia et l’indétrônable dahlia pompon, roi de nos balcons, c’est à vous de choisir. 

Au Jardin Botanique, la méthode est rôdée. Après l’arrachage des tubercules, vient le séchage. Pendant le séchage, les jardiniers s’occupent aussi de la multiplication des tubercules. Ceux-ci sont ensuite bien secoués pour ôter toute la terre; enfin le stockage se fait dans des caisses, soigneusement classées, répertoriées. Le jardin possède environ 150 variétés, ce qui représente entre 400 et 500 caisses stockées chaque hiver. Soigné ainsi, le tubercule, qui est un organe de réserve, va passer doucement l’hiver tranquillement, c’est sa nécessaire période de repos.

Le travail consiste ensuite à imaginer les futurs plans de plantations pour offrir de nouvelles perspectives aux visiteurs. Le Jardin Botanique référencie ses fleurs dans des catalogues avec les photos des plantes en fleurs, pour composer les nuanciers de couleurs des parterres à venir. En mai viendra le temps de planter les bulbes en suivant les plans, concoctés durant l’hiver.

Un petit tour et puis revient

Ce petit tour au jardin d’automne nous a fait tellement de bien. Une bulle d’éclaircie nous a accompagnés durant toute la visite. Les espaces et les projets du jardin Botanique sont si variés que nous avons déjà pris rendez-vous pour un prochain détour, où nous vous présenterons un autre aspect des douceurs botaniques qui s’y trouvent. Alors, à bon lecteur: à bientôt.





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