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Hauts-de-France

au bout du suspense, Martine Aubry (PS) réélue face à Stéphane Baly (EELV)

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La tendance s’est inversée : alors que les première estimations donnaient Stéphane Baly en tête, Martine Aubry a fini par l’emporter sur le fil.

Indétrônable, Martine Aubry a été réélue pour un quatrième mandat à la tête de Lille, après avoir été annoncée perdante – de très peu – pendant une partie de la soirée.

Jamais on n’aura vu un duel aussi serré pour s’emparer du beffroi de la Capitale des Flandres, et l’ex-conseiller municipal EELV Stéphane Baly, ancien allié de la majorité, a bien failli faire vaciller le bastion socialiste depuis un siècle.

La candidate LREM-MoDem-UDI, Violette Spillebout termine en troisième position avec 20,5% de cette triangulaire historique, marquée par une forte abstention (68,4% selon une étude Ipsos/Sopra/Steria).

 

Les trois candidats avaient voté dans la matinée : dans le Vieux-Lille pour Martine Aubry et Stéphane Baly et à Fives pour Violette Spillebout. Les soutiens de cette dernière en avaient profité pour indiquer aux journalistes qu’ils soupçonnaient de la fraude dans plusieurs bureaux. Aucune preuve n’a toutefois été apportée.
 

Municipales à Lille – 2nd tour : Aubry, Baly et Spillebout ont voté ce dimanche matin

Dans la 10e ville de France en population (232 787 habitants en 2017), la campagne des municipales a été particulièrement âpre, et surtout marquée par la rupture complète entre les socialistes et les écologistes, alliés depuis près de 40 ans qui ont abordé le second tour des élections au coude à coude. 

Une campagne particulière

La dernière fois que l’on avait vu des triangulaires à Lille, c’était en 2001, lorsque Martine Aubry devenait la première femme maire de la ville, face au RPR et au FN. Depuis, l’ancienne ministre du Travail avait été réélue confortablement avec 66,6% des voix en 2008, puis plus difficilement avec 52,05% des voix en 2014, face au candidat UMP Jean-René Lecerf.

Candidate à un quatrième mandat, Martine Aubry est arrivée en tête du premier tour du scrutin avec 29,8% des voix. Un premier tour marqué par un taux d’abstention de 67,38%, à quelques jours de l’annonce du confinement pour endiguer la propagation du Covid-19.

Face à elle, le chef de file EELV au conseil municipal Stéphane Baly avait réussi l’exploit de décrocher 24,53% des suffrages alors qu’il était quasiment inconnu avant l’élection. Pour la première fois en près de 40 ans, l’alliance entre PS et EELV est exclue dans l’entre-deux tours. Stéphane Baly avait prévenu dès octobre 2019 : “Le match est entre Aubry et moi“.

 

Pourtant, à cette triangulaire s’ajoutait une troisième figure : Violette Spillebout, candidate LREM en troisième position au premier tour avec 17,53% des voix. L’investiture, par le parti présidentiel, de l’ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry n’avait pas plu à tout le monde. Sa rivale, la députée du Nord Valérie Petit, avait même fini par quitter le parti en janvier dernier.
 

Municipales à Lille, la course au beffroi de Lille est lancée.

 

Pas d’alliances et peu de soutiens

Le candidat LFI Julien Poix (8,84%) a refusé toute fusion de sa liste et, dans un communiqué, appelé Martine Aubry et Stéphane Baly à prendre position sur un certain nombre de sujets (RIC, friche Saint-Sauveur…) tout en exhortant à ne pas donner une seule voix à la candidate macroniste.

Il a été plus difficile pour la droite, battue avec le score de 8,24% du LR Marc-Philippe Daubresse, de choisir un candidat. Pendant l’entre deux-tours, ce dernier a préconisé le vote blanc quand le patron des LR du Nord Sébastien Huyghe (battu au 2e tour en 2008) a appellé à voter Violette Spillebout. Quant à Jean-René Lecerf, battu en 2014 et désormais président du département du Nord (après avoir quitté le parti LR en 2016), il a appelé à soutenir son ancienne rivale, Martine Aubry. Même choix pour Thierry Pauchet, chef de file (DVD) de l’opposition municipale.

Quant au candidat FN Eric Cattelin-Denu (6,84%), il n’a pas donné de consigne de vote ; pas plus que le candidat du Parti Animaliste Antoine Stathoulias (1,95%) ou le Gilet jaune Alexandre Chantry (0,88%)

Pollution, Saint-Sauveur et statue de Faidherbe

L’entre deux-tours a évidemment été marquée par la crise du coronavirus et l’action de la maire de Lille a été scrutée à la loupe. Martine Aubry s’est positionnée comme la seule candidate d’expérience face à la “récession” qui s’annonce après la crise sanitaire.

Stéphane Baly, lui a appelé les électeurs macronistes en désir de “changement” à “ne pas se tromper” et voter pour lui. Il a refusé l’alliance que lui proposait Violette Spillebout et elle-même a refusé la main que lui tendait la droite.

 

La campagne, qui s’est d’abord jouée sur la question environnementale (les pics de pollution, le devenir de la friche Saint-Sauveur, le nombre d’espaces verts…) a également été marquée par le mouvement “Black Lives Matter” : plusieurs associations et collectifs souhaitent le retrait de la statue équestre du général Faidherbe, au bord de la Place de la République, à cause de sa participation active à la campagne coloniale de la France au 19e siècle.

 

Le dernier sondage avant les élections, en date du 18 juin, donnait Martine Aubry et Stéphane Baly au coude à coude, avec respectivement 39% et 37% des voix, devant Violette Spillebout à 24%.

Municipales à Lille : Baly et Aubry coude à coude dans un sondage

Sur France Info, retrouvez le détail des résultats du 2eme tour des Municipales à Lille. 



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