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Hauts-de-France

À Soissons, la restauration de la rose de la cathédrale, détruite par la tempête Egon en 2017, va durer plus d’un an

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Sa destruction par la tempête Egon avait suscité beaucoup d’émotions en 2017. A Soissons, plus de 3 ans après l’événement, la restauration de la rose de la cathédrale va commencer. Un chantier complexe et exceptionnel pour redonner à l’édifice défiguré son apparence initiale.

150 tonnes d’échafaudages, des ascenseurs, 4 mois de montage. Une structure impressionnante a recouvert la façade de la cathédrale de Soissons dans l’Aisne. C’est le début d’un chantier exceptionnel. Celui de la restauration de la rose détruite lors de la tempête Egon en 2017. 

Une pierre venue de l’Oise

“Ce n’est pas tous les jours qu’on restaure la rosace d’une cathédrale. Ici, elle approche les 9 mètres de diamètre. C’est deux mètres de moins que la rose du bras nord de Notre Dame de Paris, explique Laurent Pradoux, architecte des bâtiments de France. Il y a un énorme travail en amont notamment en terme de dessins : la rose a été entièrement relevée grâce à des relevés architecturaux commandés par la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) avant la tempête Egon et grâce à des photos non déformées prises depuis des échafaudages du fond de la cathédrale il y a quelques années.”

De nombreux métiers d’art vont participer à ce chantier : tailleurs de pierre, sculpteurs, maître-verrier et ferronnier. “Les pierres viennent d’une carrière de Bonneuil-en-Valois dans l’Oise, précise Laurent Pradoux. On a voulu utiliser une pierre locale qui est, en plus, de bonne qualité. Les blocs bruts font être amenés ici et les tailleurs de pierre vont travailler directement sur le chantier”.

À une vingtaine mètres du sol, il ne reste quasiment rien du pourtour de la rose détruite. Pour la reconstruire, les spécialistes vont devoir y adapter des pierres neuves. “La nouvelle rose en pierre s’intégrera dans l’entourage actuel. Ce sera une rose parfaite, selon Yann Hégo, ingénieur du patrimoine. Elle sera légèrement plus épaisse de quelques centimètres pour lui donner davantage de propriétés mécaniques notamment. On va aussi restaurer tout le décor attenant c’est-à-dire les crochets, les frises… Le savoir-faire des compagnons restaurateurs, c’est de faire en sorte que l’intervention n’ait jamais existé, comme si le geste s’était effacé au profit du monument. C’est un peu comme un puzzle que l’on reconstitue. C’est tout un travail en amont par des bureaux d’ingénierie pour remodéliser la nouvelle rose. Les éléments en pierre seront taillés et sculptés sur place dans l’atelier que l’on va installer en bas et progressivement remonter. On aura peut-être une pose à blanc au sol avant d’être remontés. certains éléments seront travaillés directement en entreprise”.

Une restauration peu habituelle

Côté vitraux, la restauration est réalisée par des spécialistes comme ceux de L’atelier Berthelot. Ils s’efforcent de marier morceaux d’origine et nouveaux éléments. “Une fois qu’on a desserti les panneaux un à un, on va essayer de repérer les pièces qu’on va devoir découper ou celles qu’on va devoir agrandir pour entrer dans le cadre de la nouvelle rose en pierre, raconte Bénédicte Lacheré, restauratrice de vitraux. Il y a des pièces cassées qu’on va essayer de conserver au maximum, mais au-delà de ça, la rose a changé de forme. Elle est devenue asymétrique donc on doit travailler avec cette nouvelle symétrie. C’est assez exceptionnel comme travail. En général, on dépose les panneaux, on les restaure et on les ramène. La pierre change rarement à ce point. Il y a aussi une autre étape à prendre en compte, c’est que les panneaux vont être protégés par une verrière de protection. Donc une fois les panneaux remis en forme, ils vont aller dans un atelier de doublage à Tours pour préparer ces verrières de protection. Les panneaux reviendront ensuite pour être replacés dans la rose de pierre”.

Redonner à la rose son aspect d’origine

Sur site, les questions à trancher sont encore nombreuses. Mais l’objectif est clair : rendre à la cathédrale son apparence précédente. “C’est un accident. C’est une tempête. Donc il n’y a pas de choix architectural concernant le projet de restauration, confirme Olivier Weets, architecte en chef des Monuments historiques. C’est d’abord un projet technique, mais avec le principe de base qui est de restituer la rose dans son aspect initial, telle qu’elle était”.

Ce chantier de 2,6 millions doit durer jusque fin 2021. Exceptionnellement, le public va pouvoir le découvrir ce week-end à l’occasion des journées du patrimoine.

 

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