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à l’Ehpad Saint-Joseph, « ce n’est pas un Noël comme tous les autres »


Les règles sanitaires vont être assouplies dans les Ehpad pour permettre aux résidents de passer un peu de temps avec leurs proches en cette fin décembre 2020. A Nancy, à la maison de retraite Saint-Joseph, depuis deux mois tout le monde prépare ce Noël « pas comme les autres ». 

La Maison de Retraite Chrétienne Saint-Joseph à Nancy est à quelques centaines de mètres de la Maternité régionale « Adolphe Pinard ». Avenue de Strasbourg. Un bâtiment à l’ancienne.

A l’accueil, lorsque les familles arrivent, le parcours est bien en place. D’abord le registre doit être signé par tous les visiteurs. Puis prise de température, masque, gel. Enfin le nouveau quotidien pour éviter que le coronavirus ne se faufile. Parce qu’il faut que toutes les visites soient hermétiques à l’entrée du Covid

Puis au fond d’un couloir, derrière une porte fermée on entend  une voix, sur un ton ferme : 
– C’est parti pour Noël blanc.

Et ensemble tout le monde chante : 
– Oh! Quand j’entends chanter Noël

– J’aime revoir mes joies d’enfant.

Avec à la guitare Jean-Marc, au piano Claude et Madeleine comme cheffe de file. Et tout de suite un rappel à l’ordre. 
– Il faut remettre le masque Madame Poirier ! Vous savez bien que c’est obligatoire maintenant !

« J’aime beaucoup chanter car Noël c’est une fête très importante. Je suis chanteuse depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été dans une chorale », dit Juliette, 96 ans. « Nous sommes les voix de Saint-Joseph. On ne peut pas faire Noël sans la chorale ».

La chorale de Saint-Joseph au temps du Covid. "Nous sommes les voix de Saint-Joseph. On ne peut pas faire Noël sans la chorale", dit Juliette, 96 ans.

La chorale de Saint-Joseph au temps du Covid. « Nous sommes les voix de Saint-Joseph. On ne peut pas faire Noël sans la chorale », dit Juliette, 96 ans.

© Yves Quéméner, France télévisions

J’arrivai à bien dormir, c’est ça qui m’a sauvé

Juliette est tout sourire car il est 15 heures.

Comme tous les après-midi, c’est l’heure de la répétition générale dans une petite salle aménagée, respectueuse des distances de sécurité. Une chaise sur deux. La période est difficile mais tout le monde tient bon. 
« C’est une année difficile. Trop lourde » raconte Maria. « Je suis la supérieure de la communauté. A l’époque, au mois de mars, j’arrivai à bien dormir, c’est ça qui m’a sauvé », se souvient-elle. 

En chantant et pendant une heure et demie, le virus semble bien loin. A l’Ehpad Saint-Joseph les résidents ne semblent pas terrorisés par l’épidémie.

Soumia, 29 ans est infirmière à l'Ehpad Saint-Joseph. "Maintenant on est soulagé ? oui et non. Juste un plus serein".

Soumia, 29 ans est infirmière à l’Ehpad Saint-Joseph. « Maintenant on est soulagé ? oui et non. Juste un plus serein ».

© Yves Quéméner, France Télévisions

Pourtant, dans cet établissement catholique -dont les tarifs sont moins élevés que ceux des maisons de retraite privées classiques-, « maintenant, on est soulagés ? Oui et non. Juste un peu plus serein », raconte Soumia, infirmière.

La première vague reste un drôle de moment car c’est arrivé de façon assez très soudaine.

Soumia, infirmière

Elle n’a pas oublié la première vague, « un drôle de moment car c’est arrivé de façon assez soudaine ». Il y a quand même eu trois morts à cause du Covid au mois de mars. « On a eu peur par la méconnaissance de la maladie. On était en situation d’urgence et on faisait ce qu’on pouvait, sans matériel », dit-elle. 

Des visites sur rendez-vous

Dans les maisons de retraite, les autorisations sont souvent très restreintes. Et la bonne nouvelle vient de tomber : les visites en chambres et les sorties des résidents seront autorisées du 15 décembre jusqu’au 3 janvier 2021, selon un nouveau protocole sanitaire.

Dominique est l’ainé de quatre enfants. Il a pris rendez-vous pour venir. « Maman est entrée il y a maintenant deux mois ici à Saint-Joseph ». Il vient le plus souvent possible. « Elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Mais on ne peut pas la sortir », dit-il. « Franchement, la Covid nous embête pour ne pas dire autre chose, mais bon on a pas le choix ». Sa maman est au premier étage. Celui de l’unité protégée, où il faut un code pour pouvoir ouvrir les portes et sortir. 

Il faut éviter que le virus nous repète à la figure et prendre soin des personnes âgées vulnérables.

Antoine Renaudin, directeur

Antoine Renaudin est un directeur bienveillant. En jean et en pull. Il est là pour déminer les conflits, apaiser les tourments des familles, organiser les réunions.

« En ce moment elles s’enchaînent les une après les autres. Il ne faut pas rater Noël ». Lui aussi insiste, « on n’était pas prêt au mois de mars. On a été surpris par toutes les restrictions Maintenant il faut pouvoir gérer ce virus comme tous les autres virus. On a les tests, on attend le vaccin. Il faut éviter qu’il nous repète à la figure et prendre soin des personnes âgées vulnérables ».

Il a lui-même été frappé par le virus au mois d’avril, « oui, je l’ai eu moi aussi ». Mais, malgré la hantise d’un retour des contaminations, les fêtes se préparent, mieux que les autres années. « On a un menu au top ! Foie gras de canard, fondant de poulet sauce aux girolles. Un dîner trois étoiles! » 

Les résidents et les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) doivent être vaccinés « en priorité« , préconisait, lundi 14 décembre 2020, la Haute Autorité de la santé. En attendant, Antoine Renaudin, en nous quittant sur le perron et sous la pluie, nous dit « qu’il ne faut pas qu’on nous vole ce moment des fêtes. La vie continue et Noël approche ».

 



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