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À la prison de Toul, détenus et personnels s’entraînent ensemble et en équipe pour une compétition de triathlon


Le centre de détention de Toul propose un nouveau projet sportif, unique en France. Deux détenus et quatorze membres du personnel se sont entraînés, vendredi 21 janvier. L’objectif est de participer prochainement à un triathlon.

Le rendez-vous est fixée à 13 h 30. L’équipe du centre de détention de Toul (Meurthe-et-Moselle) débute l’entraînement du triathlon. Ainsi, deux détenus et quatorze employés du centre pénitencier rejoignent à vélo le centre aquatique Ovive d’Écrouves. Les entraînements ont démarré en septembre 2021. Ils ont lieu deux fois par mois.

« Je suis à l’origine du projet. Il est unique en France. Cela n’a jamais été fait au sein des centres pénitenciers. L’idée est de donner la possibilité à des détenus de participer à un événement d’envergure », raconte Pierre Ramette, directeur adjoint du centre de détention de Toul. 

Le projet est en partenariat avec la Communauté de Communes Terres Touloises (CC2T). Le but est de participer au Triathlon de Messein, à proximité de Nancy. Il est organisé par la Fédération française de Triathlon. La compétition aura lieu le 29 mai 2022. « Cela ne concerne pas que les détenus. Nous allons nous joindre à cette course qui est ouverte à tous », précise Pierre Ramette. Le groupe va concourir avec un maillot « Team CD de Toul ». « Pourtant il y a eu des réticences au sein du personnel. Certains n’adhèrent pas du tout à cette initiative qui sort de la normalité ».

Ils étaient 22 détenus a postuler au projet. « Il y a eu des entretiens de quinze minutes par personne pour la sélection. Au final, trois personnes ont été retenues, mais le dernier n’avait pas le niveau en natation. Il n’aurait pas été capable de terminer les 750 mètres de compétition », détaille Pierre Ramette. « Le niveau sportif et l’esprit d’équipe sont examinés ».

Les détenus travaillent avec les conseillers pénitentiaires d’insertion et probation« Sur ce projet, quatorze salariés se sont portés volontaires. C’est intéressant, car tous les corps de métier sont représentés. Il y a un officier, un travailleur social ou encore des surveillants ». Environ 200 personnels travaillent aux côtés des détenus.

L’objectif est de prouver que ce que j’ai fait, étaient des erreurs de parcours. Je peux d’ailleurs prétendre à un aménagement de peine cette année.

Régis, participant au triathlon

Régis a commencé le handball à 11 ans. Il s’est ensuite dirigé vers la course à pied dix ans plus tard. « J’ai postulé parce que je suis un ancien sportif de haut niveau. Le sport est l’une de mes priorités ». Et il ajoute : « Je reprends peu à peu l’esprit de compétition que j’ai perdu. Il faut retrouver les sensations. Quand nous perdons quelque chose, et quand nous la retrouvons, c’est difficile ».

Régis a été condamné à huit ans de prison en 2020. À 26 ans, il commence à brûler des voitures et des bus. Les dommages se chiffrent ensuite à plusieurs milliers d’euros. Il affirme qu’il a subi de la maltraitance dans sa jeunesse. L’accumulation de cette violence l’aurait poussé à la délinquance.

« Aujourd’hui, je vis mieux mon quotidien en détention. Je suis dans ma bulle et j’ai un bon comportement », ajoute Régis. « Ce type de projet permet de montrer une bonne image. Je veux montrer que je veux avancer. L’objectif est de prouver que ce que j’ai fait, étaient des erreurs de parcours. Je peux d’ailleurs prétendre à un aménagement de peine cette année ».

C’est un choc quand vous arrivez en détention. Je n’ai jamais connu cela avant. Le quotidien reste lourd. C’est un monde à part

Christophe, incarcéré en 2016.

Originaire de Lorraine, Christophe explique sa « réticence au départ face à cette initiative. Je n’avais pas le niveau sur les trois sports. Je n’étais pas sûr de pouvoir le faire. Je l’ai pris comme un défi ». Il est âgé de 33 ans. « Je me suis mis au sport, notamment le ping-pong que j’ai découvert en détention ».

En 2016, il est condamné à douze ans de prison. Il n’a pas souhaité révéler les raisons de son incarcération. « La vie d’avant, je n’en parle pas trop. Je préfère aller de l’avant et ne plus retourner dans ma vie passée. C’est un choc quand vous arrivez en détention. Je n’ai jamais connu cela avant. Le quotidien reste lourd. C’est un monde à part ».

Les détenus travaillent avec les conseillers pénitentiaires d’insertion et probation. Les personnels proposent notamment des mesures d’aménagement de peine des détenus. « Ce projet sportif permet aux détenus de mettre un pied dehors et de capitaliser leur permission de sortie », dit Pierre Ramette.

Le centre de détention de Toul est l’un des vingt-deux établissements pénitentiaires qui accueillent en priorité les auteurs d’infractions à caractère sexuel (AICS), selon le Contrôleur général des lieux de privation de liberté. « Au centre, il y a déjà un gymnase, un terrain de sport. Les activités sportives s’organisent régulièrement. Nous pouvons très bien organiser des sorties raquettes ou paddle dans la journée. Pour les longues peines, les sorties comme celles-ci sont possibles si seulement il y a un accompagnement ».

L’établissement est situé sur l’emplacement d’une ancienne caserne militaire, à 20 kilomètres de Nancy. Il accueille des hommes majeurs condamnés à des peines d’emprisonnement supérieures à un an.



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