weighexperts.com
Image default

À Amiens, la P’tite Rebelle crée un réseau d’entraide entre commerçants avec des shootings collaboratifs



Tous les jeudis, Amélie Boucher, responsable d’une boutique de vêtements à Dury, près d’Amiens, organise des shootings collaboratifs chez des partenaires. Un concept gagnant-gagnant pour une meilleure visibilité des commerces de proximité sur les réseaux sociaux.

Depuis qu’elle a ouvert sa boutique La P’tite Rebelle à Dury, près d’Amiens, en avril 2019, Amélie Boucher ne cesse d’innover pour maintenir son activité.

Après l’annonce du 1er confinement en 2020, elle rapporte tout le stock de vêtements chez elle. Chaque jour, elle réalise des vidéos avec l’aide de sa famille et les publie sur sa page Facebook.

Les clients passent commande. Amélie livre en drive, à domicile à Amiens ou par la Poste.

« Ça a permis de lancer les ventes sur internet et de créer plein de contacts » reconnaît Amélie Boucher. « Le Covid nous a donné du temps pour nous structurer, pour penser et faire les choses autrement« .

Lors du 2e confinement, elle passe au Click & Collect et lance les premiers shootings avec l’aide d’une photographe professionnelle. 

« J’ai décidé d’en faire une activité hebdomadaire parce que je me suis rendue compte que je ne voulais pas mettre mes apprentis en chômage partiel« .

Des modèles « pas vraiment mannequins« 

« On a une photographe professionnelle en contrat tous les jeudis, qui s’est lancée en même temps que moi dans la photo et une équipe de modèles bénévoles qui font partie de nos amies ou de nos clientes« .

« On n’est pas vraiment mannequins, dit Adèle Dessenne, un des premiers modèles et amie de la photographe. On est toutes des Amiénoises, pas du tout standard. Je me suis dit pourquoi pas et on se prend au jeu« .

Dans ses shootings, Amélie veille à ce que chaque cliente se retrouve, des clientes de tous les âges, de toutes les tailles et de toutes les morphologies. « Je suis un modèle en 44 et plus, dit Hélène Cauchois J’ai proposé de lui faire des photos pour les rondes. Ça a bien marché. Pour moi, c’est du loisir qui me permet de m’évader et de partager de bons moments. C’est très convivial ».

Pour ce qui est du choix du décor, Amélie et son équipe contactent des partenaires locaux.

Christophe Lebée est le premier à s’être prêté au jeu en leur laissant son restaurant, le Moulin des écrevisses. « A l’époque, elle commençait. Je sais que c’est important d’être aidé quand on commence donc quand elle m’a demandé, j’ai tout de suite dit oui. Sa photographe est top et les tenues sont vachement belles. C’est de la qualité. Ça serait quelque chose de moche, je n’aurais sûrement pas accepté ».

Un échange de bons procédés

Pas d’échanges commerciaux mais un contrat moral entre La P’tite Rebelle et ses partenaires. Les shootings collaboratifs se définissent comme des images d’entraide.

« C’est l’image qu’on souhaite donner à notre entreprise, souligne Amélie Boucher. On fait parler de nos partenaires et on fait parler de nous. On fait beaucoup de vidéos pendant la journée du shooting. A la fin, on fait un montage pour présenter l’entreprise chez laquelle on a été pour lui faire un peu de pub parce qu’en ce moment, ça aide. Et on promet à notre partenaire une semaine d’exclusivité c’est-à-dire qu’on diffuse pendant une semaine sur nos réseaux sociaux. On lui demande de partager les publications pour inviter sa communauté à aimer notre page et vice versa « .

Un échange de bons procédés qu’apprécie Louis Malinverni, caviste à Amiens.

« Cette forme d’entraide, c’est super. Je pense que ce n’est pas ce que j’aurais fait s’il n’y avait pas eu la pandémie. J’ai démarré en novembre 2019. Je n’ai pas pu fêter mon ouverture, ni faire d’inauguration. Comme je venais de m’installer je n’étais pas très connu, du coup j’ai essayé de développer la communication sur les réseaux. J’ai bien aimé l’idée d’une aide partenariale autour du commerce de proximité. Elle cherchait des lieux pour mettre en valeur leurs vêtements. C’est une vraie plus-value pour les commerçants locaux. Le commerce se meurt peu à peu si on ne trouve pas des moyens complémentaires pour se mettre en valeur »

« C’est plutôt bien de donner un petit coup de pouce« , ajoute Gauthier Bident, assistant de communication marketing pour les Gothiques d’Amiens. Le jour J, les joueurs de hockey se sont tous pris au jeu avec bon humeur. « Ils étaient souriants même les timides se sont pris au jeu. Et nous, on en a profité pour présenter des produits de notre boutique. Ce sera des photos qu’on pourra utiliser pour notre communication de boutique en ligne qui doit arriver l’année prochaine ».   

Un concept tourné vers l’avenir

Côté partenaires, c’est à ce jour une affaire qui roule. Le planning est plein jusqu’au 30 juin.

Face à l’ampleur de la tâche, Amélie est même en train de recruter une troisième apprentie dans son équipe.

Quant à la photographe, son travail prend de l’ampleur.

Pauline Fleury songe même à se spécialiser. « J’aimerais développer la photothérapie pour les femmes. Ce projet est venu d’une révélation, des retours des modèles. Quand ces femmes se trouvent belles, je suis heureuse. Ça leur met du baume au cœur. Une fois, une cliente a carrément pleuré devant ses photos. C’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic qui m’a motivée pour développer ce projet. C’est là que je me suis aperçue du pouvoir de la photo ».

Pour Léa Pruvot aussi, cette aventure lui ouvre de nouvelles perspectives. Etudiante en gestion des entreprises, elle joue les modèles mais effectue aussi son stage pour La P’tite rebelle en tant qu’assistante marketing et communication.

« Amélie m’apprend beaucoup à travailler en équipe. C’est une force. Elle fait confiance, elle pousse et est très motivante. C’est intéressant et enrichissant d’un point de vue humain. Il y a aussi la visibilité. Mine de rien, on rencontre toutes les semaines des partenaires et des commerçants différents. Donc c’est sympa pour créer son réseau ».

Après le déconfinement, La P’tite Rebelle promet de ne pas mettre fin à cette aventure humaine.  Au contraire, une réflexion est en cours pour faire de ce concept un projet associatif. 



Source link

A lire aussi

des visiteurs avouent ne pas s’être sentis en sécurité dans le manège

adrien

gris, humide et encore doux

adrien

prévisions pour ce mardi 9 février et pour les prochains jours

adrien

Déconfinement / surveillance du coronavirus : le département du Nord en “vigilance orange” sur l’activité épidémique

adrien

l’hiver commence à pointer le bout d’un flocon

adrien

premier conseil municipal tendu pour l’élection du maire

adrien