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À Abbeville, l’expérience des drives fermiers donne des idées aux producteurs locaux



Des cagettes de poireaux déposées contre les murs. D’autres de salades empilées sur des tables de classe. Deux fois par semaine, Béatrice a pris l’habitude de venir livrer une partie de ses légumes au collège Millevoye à Abbeville dans la Somme. Un établissement temporairement transformé en drive de produits locaux depuis le 10 avril. Une initiative tombée à point nommé au début du confinement : « on avait des marchés supprimés avec le confinement donc ça nous a permis d’écouler nos légumes. Et ça nous a aussi amené une nouvelle clientèle », explique la maraîchère de Vironchaux.
 
Un tiers de la production de Béatrice a ainsi pu être vendu ici en avril. Et comme elle, près de soixante producteurs locaux participent avec enthousiasme à ces drives, mis en place à Amiens, Abbeville, Péronne, Albert, Roye et Montdidier. Produits laitiers, viande, fruits…Plus de 2000 commandes ont été passées en un mois. Des producteurs heureux de cette nouvelle expérience et des clients satisfaits. Guillaume est venu chercher sa commande faite sur internet avec son fils. Ce qui l’a intéressé dans le drive fermier, c’est le concept de circuits courts : « ce sont des produits locaux, explique ce grand barbu. Ce n’est pas importé. C’est des produits régionaux et surtout c’est frais. Et puis c’est convivial par rapport aux supermarchés. Non vraiment, c’est beaucoup mieux comme ça ! »

Derrière leur masque, Dominique et Patrice prennent leur cageot de produits frais. Ils ont choisi ce mode de consommation « par rapport à la qualité, explique Patrice. Et c’est un circuit court. C’est important si on veut faire vivre les producteurs du coin ».

Mais avec la levée du confinement et la réouverture probable des collèges, des drives peuvent-ils perdurer ? Malgré le déconfinement, le système est maintenu encore quelques semaines :
 

Mais à Abbeville, le nombre de commandes à drastiquement chuté avec le déconfinement, passant de plus de 100 à moins de 30 en quelques jours. Une baisse qui n’inquiète pas Olivier Parcy. Pour cet éleveur bovin à Fontaine-sur-Somme, il faut tirer profit de cette expérience inédite et se tourner vers l’avenir : « le fait d’avoir rencontré d’autres producteurs, d’avoir discuté, de se fédérer, ça peut nous permettre de partir sur un autre projet sur Abbeville qui n’existe pas ? Est-ce que ce serait un magasin de producteurs ou autre ? Il y a plein de possibilités », affirme-t-il.

Une réalité et une adaptation nécessaire dont a parfaitement conscience la Chambre d’agriculture de la Somme, à l’initiative de ce projet avec le Conseil départemental. Sa présidente entend bien continuer dans la voie du drive fermier. Mais pour être pérenne, le concept doit évoluer avec le déconfinement : « il faut se mettre en phase avec la reprise du travail, reconnaît Françoise Crété. On a lancé une enquête pour savoir le jour et la plage horaire qui seraient les mieux adaptés pour les clients. »

Prochaine étape pour la Chambre d’Agriculture : former les 60 producteurs du secteur pour qu’ils puissent continuer à gérer ces drives en totale autonomie.
 



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