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83% des jeunes se sont abstenus, « la campagne électorale n’a pas été faite pour eux »



Les chiffres sont là. Dimanche 20 juin, 87 % des 18-24 ans se sont abstenus lors du premier tour des élections régionales. Comment l’expliquer ? Analyse avec Pascale Sterderniak, psychologue à Nancy.

Dimanche 20 juin, plus de 66% soit près de deux tiers des électeurs ne se sont pas déplacés pour le premier tour des élections régionales. Elle atteint 87% chez les 18-24 ans. On peut y voir la conséquence d’une crise sanitaire qui dure depuis plus d’un an et demi. Elle a confiné les jeunes et les a privés des différents aspects d’une vie sociale et scolaire normale. On constate aussi qu’ils ont aussi été les grands oubliés de cette campagne électorale qui aura tourné principalement autour de deux ténors politiques qui se prépare à une autre élection, celle de la présidentielle en 2022.

Mais comment expliquer cette situation ? Pascale Sterderniak, psychologue qui reçoit régulièrement des jeunes dans son cabinet à Nancy, apporte une réflexion répond à nos questions.

Ce record d’abstention impressionne d’autant plus qu’on observe qu’en 2015 34% des 18/24 ans étaient allés voter. Cette année ils sont à peine 13 %. Que s’est-il passé d’après vous ?

Tous les psychologues ont constaté que les étudiants étaient beaucoup plus anxieux et beaucoup plus inquiets de leur avenir depuis l’apparition de la pandémie. Et donc clairement leur priorité n’était pas là. Aussi, cette campagne électorale n’a pas été faite pour eux. Pendant toute cette période ils sont restés très seuls, sans pouvoir se retrouver et donc avoir une discussion avec leurs copains autour des évènements politiques du moment.

Ils ont été les « oubliés » de cette campagne ?

Mais oui. Pendant cette campagne on n’a pas abordé le problème des jeunes qui était pour une grande partie d’entre eux en grande souffrance. Tout le monde est resté focalisé sur les candidats, et on constate qu’ils n’ont pas été tenus très au courant du rôle des régions, des départements. Quelles sont les informations qu’on leur a données ? Dans ce contexte ils ne savent pas ce qui est important en dehors de leur avenir. La mise en place d’un forfait psy pour les enfants déprimés a été une bonne chose.

Ils sont surtout restés centrés sur eux ? A cause de la pandémie et des conditions sanitaires très strictes ?

Oui. Ils n’étaient pas disponibles et en grande souffrance. Ils sont à la recherche d’un job étudiant qu’il ne trouve pas avec le Covid-19. Les cours à distance ont fait qu’ils se sont retrouvés seuls chez eux soit dans leur chambre soit devant leur ordinateur. Ils s’inquiètent toujours sur ce qu’ils vont devenir.

A chaque scrutin législatif ou municipal on fait un même constat : les jeunes délaissent les urnes. 

Il y a une multitude de facteurs. Tout d’abord il faut rappeler que ce sont des élections locales et ni les journalistes, ni les politiques ne se sont adressés à eux. Donc ils ne sont pas très au courant du rôle joué par les régions et les départements. Ils ne le savent pas et ce n’est pas très important pour eux. La représentation politique est surtout faite pas des personnes d’un certain âge. Il n’y a pas de jeunes pour présenter un projet. On remarque, et ce n’est pas un hasard que les questions environnementales et le réchauffement climatique sont leurs principales préoccupations en politique. (Ndlr: pour Simon Blin dans les pages idées de Libération, « les jeunes se sont déplacés plus nombreux qu’attendu dans les urnes aux élections européennes en 2019. Et ils ont voté écolo« .) 

Et le rôle des réseaux sociaux ? 

Les réseaux sociaux influencent énormément les jeunes et surtout beaucoup plus pendant le confinement mais surtout pour des histoires de « cœur » et de leurs copains. La politique n’intervient pratiquement pas et plus généralement si on veut étendre cette réflexion on peut aller sur la multitude d’infos qu’ils reçoivent des sites complotises du style « ça ne sert à rien de porter un masque » ou « le vaccin est dangereux ». C’est perturbant et il est vrai que les influenceurs peuvent les stresser.

Plus généralement derrière cette absention quel peut être le discours des parents ? 

Je ne sais pas mais il suffit de regarder que les parents ne se sont pas déplacés. Donc quel rôle peuvent-il jouer si eux-mêmes ne vont pas voter ? (Ndlr : dimanche 20 juin, deux électeurs sur trois 66,73 % ont déserté les urnes. Sur les 47,7 millions d’électeurs plus de 30 millions ont choisi de ne pas se déplacer). A l’inverse certains jeunes sont très fiers d’avoir été voté en famille. Cela les valorise énormément et il considère qu’ils font partie de l’élite.

 





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