weighexperts.com
Image default
Hauts-de-France

1940, la bataille de France au jour le jour : 25 mai, Boulogne tombe, Calais est écrasée sous les bombes

Notez cet article


A Boulogne-sur-mer, dès l’aube, les Allemands attaquent la Haute-ville qui résiste encore.
 
Un canon est mis en place face aux murs pour percer la muraille. Les remparts ne s’effondrent pas. Les soldats se lancent donc à l’assaut avec des échelles et attaquent au lance-flamme. A 8h30, la garnison française se rend. Le général français Pierre Lanquetot est amené devant Guderian en personne qui le félicite pour la défense de la ville.
 

Les remparts de la Haute-ville à Boulogne-sur-mer. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
Les remparts de la Haute-ville à Boulogne-sur-mer. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
La Haute-ville à Boulogne-sur-mer. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
La Haute-ville à Boulogne-sur-mer. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
La Haute-ville à Boulogne-sur-mer. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
La Haute-ville à Boulogne-sur-mer. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3

A 13h, à court de munitions, les derniers défenseurs britanniques et français cessent le combat. En trois jours, 400 soldats sont morts.
 

Vue du dernier sou quelques jours après la bataille, à Boulogne-sur-mer. On peut voir au sommet droit de la porte de Calais la brèche qui permit à l'ennemi de prendre pied sur le rempart. Dans la rue Porte-Neuve, des carcasses de voitures. A l'arrière-plan, la cathédrale a perdu tous ses vitraux. / © Archives municipales de Boulogne-sur-Mer - 29Fi273
Vue du dernier sou quelques jours après la bataille, à Boulogne-sur-mer. On peut voir au sommet droit de la porte de Calais la brèche qui permit à l’ennemi de prendre pied sur le rempart. Dans la rue Porte-Neuve, des carcasses de voitures. A l’arrière-plan, la cathédrale a perdu tous ses vitraux. / © Archives municipales de Boulogne-sur-Mer – 29Fi273
Vue de la nouvelle Halle et de la salle d'exposition des échantillons détruites en mai 1940 à Boulogne-sur-Mer. / © Archives municipales de Boulogne-sur-mer - 29Fi199
Vue de la nouvelle Halle et de la salle d’exposition des échantillons détruites en mai 1940 à Boulogne-sur-Mer. / © Archives municipales de Boulogne-sur-mer – 29Fi199
L’église de Capécure après la bataille de mai 1940. / © Archives municipales de Boulogne-sur-Mer - 29Fi198
L’église de Capécure après la bataille de mai 1940. / © Archives municipales de Boulogne-sur-Mer – 29Fi198

A Calais, les Allemands avancent dans la ville. Mais devant la résistance des soldats alliés, les attaquants se retirent de leurs positions pour laisser l’aviation bombarder les points de résistance comme la citadelle ou la gare maritime.
 

La citadelle de Calais. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
La citadelle de Calais. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
Le port de Calais bombardé en mai 1940. / © A l'Assaut des Mémoires
Le port de Calais bombardé en mai 1940. / © A l’Assaut des Mémoires

3000 Britanniques arrivés spécialement d’Angleterre et 1000 Français se battent. Ils ont enfermé dans les caves des maisons des centaines soldats en fuite, des Belges, Français et Néerlandais qui refusaient de se battre et encombraient le port et les rues à la recherche d’un moyen d’embarquer vers l’Angleterre.
 

Des véhicules blindés servent de barricades sur les ponts de Calais. / © A l'Assaut des Mémoires
Des véhicules blindés servent de barricades sur les ponts de Calais. / © A l’Assaut des Mémoires

Ce 25 mai, toute la journée, l’artillerie et l’aviation allemandes vont pilonner Calais pour préparer l’assaut du lendemain.
 

Des bâtiments détruits dans le quartier du port de Calais (photographie aérienne allemande prise le 1er juin 1940). / © Bundesarchiv, Bild 146-1971-042-08 / CC-BY-SA 3.0
Des bâtiments détruits dans le quartier du port de Calais (photographie aérienne allemande prise le 1er juin 1940). / © Bundesarchiv, Bild 146-1971-042-08 / CC-BY-SA 3.0
Des véhicules militaires britanniques détruits sur le front de mer, à Calais (photographie aérienne allemande prise le 1er juin 1940). / © Bundesarchiv, Bild 146-1973-050-67 / CC-BY-SA 3.0
Des véhicules militaires britanniques détruits sur le front de mer, à Calais (photographie aérienne allemande prise le 1er juin 1940). / © Bundesarchiv, Bild 146-1973-050-67 / CC-BY-SA 3.0

 

Le front de l’Escaut résiste

Autour de Valenciennes les combats font toujours rage. Sur l’Escaut, les Allemands ont obtenu des renforts. Ils concentrent leurs attaques sur un front d’à peine 1 kilomètre à Bruille-Saint-Amand, mais les soldats du 43e régiment d’infanterie de Lille tiennent toujours.
 
A Bouchain, la VIIIe armée allemande veut passer le fleuve. Elle est bloquée là depuis quatre jours. Toute la journée les attaques échouent, les pertes sont élevées des deux côtés. Certaines unités allemandes ont perdu près de la moitié de leurs hommes et doivent être relevées.
 

Les fortifications le long de l'Escaut à Bouchain. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
Les fortifications le long de l’Escaut à Bouchain. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
Les fortifications à Bouchain le long de l'Escaut. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
Les fortifications à Bouchain le long de l’Escaut. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
La tour d'Ostrevant, à Bouchain. Ce donjon médiéval servira de quartier général à l’armée française en mai 1940. / © BERTRAND THERY / FRANCE 3
La tour d’Ostrevant, à Bouchain. Ce donjon médiéval servira de quartier général à l’armée française en mai 1940. / © BERTRAND THERY / FRANCE 3

Les Stukas interviennent alors massivement pour réduire les défenses. Dans cette petite ville, les Français sont solidement retranchés.  Il s’agit de tirailleurs marocains et de réservistes du 45e régiment d’infanterie, des soldats originaires de l’Oise, de l’Aisne, du Nord et de Paris. Ce samedi 25 mai, ils reçoivent leurs ordres : “La consigne est la même qu’hier : TENIR !”. Signé le lieutenant-colonel Desroche.
 
Cet officier se démène pour tenir ce bout de front sur l’Escaut, montant parfois personnellement en première ligne faire le coup de feu pour colmater une brèche dans le dispositif. . Ce 25 mai, une nouvelle fois, il monte au front.

Dans l’urgence il rassemble des membres de son Etat-major pour aider ses hommes à repousser un assaut allemand entre Mastaing et Roeulx. Une balle lui fracasse la main mais il reste à son poste jusqu’à ce que le danger soit écarté. En une seule journée, les Français vont tirer 10 200 cartouches.

 

Photo du lieutenant-colonel Henri-Paul Desroche en 1938 avant de prendre le commandement du 45e régiment d'infanterie. / © Vieilalpin - CC BY-SA 4.0
Photo du lieutenant-colonel Henri-Paul Desroche en 1938 avant de prendre le commandement du 45e régiment d’infanterie. / © Vieilalpin – CC BY-SA 4.0

 

Sur la Somme, l’armée française consolide ses positions

Weygand,  commandant en chef de l’armée française, veut former une ligne de front le long de la Somme et de l’Aisne pour résister aux Allemands lorsque ceux-ci en auront fini avec les forces alliées coincées dans le Nord et le Pas-de-Calais.
 

Le général Maxime Weygand (à gauche) en mai 1940. / © L’Illustration
Le général Maxime Weygand (à gauche) en mai 1940. / © L’Illustration

Entre Péronne et Ham, les Français veulent reprendre 4 ponts sur la Somme, qui sont tombés entre les mains des Allemands quelques jours avant. Pour une fois, en ce mois de mai 1940, l’armée française va innover.
 
Les attaques sont menées par des chars accompagnés d’une infanterie nombreuse, et de nuit. Une première. A la lumière de la lune, le succès est complet. Grâce à cette technique, le colonel Perré a limité les pertes et repris ou détruit les ponts.

Le dernier, celui de Saint-Christ-Briost, est pris vers 3 heures du matin au prix de “seulement” 3 tués, 12 blessés et aucun char détruit, comme le rapporte l’historien Dominique Lormier. Malgré leur succès, ces attaques de nuit seront qualifiées de “déraisonnables” et “sans avenir” par des membres de l’Etat-major…

Vers Amiens, les Français lancent des attaques classiques, de jour, avec infanterie et peu de chars, les pertes seront beaucoup plus lourdes.

 

Les blindés allemands toujours à l’arrêt

Hitler maintient son ordre d’arrêt des divisions Panzer malgré les plaintes de ses généraux. Dépité, le général allemand Kleist appelle l’Etat-major : “Si j’en avais eu le droit  aujourd’hui, les chars se trouveraient sur les hauteurs de Cassel“.
 

Le général allemand Ewald von Kleist (à droite) en Serbie, avril 1941. / © Narodowe Archiwum Cyfrowe (Archives Nationales Numériques polonaises)
Le général allemand Ewald von Kleist (à droite) en Serbie, avril 1941. / © Narodowe Archiwum Cyfrowe (Archives Nationales Numériques polonaises)

Même les plus fidèles à Hitler ne comprennent pas. Désobéissant, la division SS Leibstandarte franchit l’Aa à Watten. A 20h30, les SS sont sur les hauteurs de la “montagne” de Watten. 
 
Des tirs de soldats cachés dans les maisons les accueillent. Pour se venger de ces tirs isolés, 11 soldats français capturés sont emmenés par les SS. Au mépris des conventions qui protègent les prisonniers de guerre, ils seront fusillés le lendemain à Houlle.

Un peu plus au nord entre Gravelines et Bourbourg, les Allemands tentent de franchir également l’Aa pour préparer l’assaut contre Dunkerque. Les Français contre-attaquent et les repoussent.
 

L’Aa, près de Gravelines. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
L’Aa, près de Gravelines. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3

Autour de Saint-Venant, le régiment SS Germania bute depuis deux jours sur des troupes britanniques et françaises retranchées le long du canal d’Aire.
 

La veille, les SS ont réussi à prendre la ville et à avancer vers Haverskerque, mais dans la soirée le 1er bataillon du Royal Welsh Fusiliers les repousse et reprend une partie de la ville. 
 

Les hommes du 1er bataillon du Royal Welsh Fusiliers s'entraînant au tir avec des armes anti-chars, sur une plage près d'Etaples (Pas-de-Calais), le 6 février 1940. / © IWM F 2441
Les hommes du 1er bataillon du Royal Welsh Fusiliers s’entraînant au tir avec des armes anti-chars, sur une plage près d’Etaples (Pas-de-Calais), le 6 février 1940. / © IWM F 2441
La Lys à Saint-Venant. / © GONZAGUE VANDAMME / FRANCE 3
La Lys à Saint-Venant. / © GONZAGUE VANDAMME / FRANCE 3
Mémorial en hommage aux 97 hommes du Royal Welsh Fusiliers morts aux alentours de Saint-Venant entre le 23 et le 27 mai 1940. / © GONZAGUE VANDAMME / FRANCE 3
Mémorial en hommage aux 97 hommes du Royal Welsh Fusiliers morts aux alentours de Saint-Venant entre le 23 et le 27 mai 1940. / © GONZAGUE VANDAMME / FRANCE 3
Mémorial en hommage aux 97 hommes du Royal Welsh Fusiliers morts aux alentours de Saint-Venant entre le 23 et le 27 mai 1940. / © GONZAGUE VANDAMME / FRANCE 3
Mémorial en hommage aux 97 hommes du Royal Welsh Fusiliers morts aux alentours de Saint-Venant entre le 23 et le 27 mai 1940. / © GONZAGUE VANDAMME / FRANCE 3
Mémorial en hommage aux 97 hommes du Royal Welsh Fusiliers morts aux alentours de Saint-Venant entre le 23 et le 27 mai 1940. / © GONZAGUE VANDAMME / FRANCE 3
Mémorial en hommage aux 97 hommes du Royal Welsh Fusiliers morts aux alentours de Saint-Venant entre le 23 et le 27 mai 1940. / © GONZAGUE VANDAMME / FRANCE 3

Ce samedi 25 mai à Audruicq, est inhumé Paul Nizan. Il était écrivain, journaliste et avait reçu le prix Interallié pour son roman La Conspiration.

Communiste, il n’avait pas accepté la signature en août 1939 du pacte germano-soviétique, traité de non-agression entre le IIIe Reich et l’URSS.
 

Paul Nizan (au centre avec des lunettes) lors de la remise du prix Interallié en 1938 pour son roman "La Conspiration". / © STF / AFP
Paul Nizan (au centre avec des lunettes) lors de la remise du prix Interallié en 1938 pour son roman “La Conspiration”. / © STF / AFP

En mai 1940, Paul Nizan avait 35 ans et était soldat, chargé des liaisons entre l’armée française et un régiment britannique. Le 23 mai, il a été tué par un sniper allemand alors qu’il observait le front depuis un balcon du château de Cocove à Recques-sur-Hem.
 

A cause des combats, les morts ne peuvent être enterrés sur place. C’est un ancien de 14/18 qui a emporté son corps, ainsi que ceux de 3 autres soldats anglais tués ce jour-là, jusqu’à Audruicq, où s’est replié le régiment britannique (la dépouille de Paul Nizan a été transférée depuis à la nécropole nationale de la Targette, à Neuville-Saint-Vaast, près d’Arras).

 

Vers un armistice…

Ce même jour, Hitler écrit au dictateur fasciste italien Mussolini pour lui expliquer comment il s’apprête à détruire 72 divisions alliées prises au piège autour de Dunkerque.
 

La guerre est gagnée, il ne reste qu’à la terminer.

Alfred Jodl, général allemand.

Hitler se vante, il ne reste que 60 divisions dont beaucoup sont déjà décimées par 15 jours de combats. Les Allemands sont confiants désormais, le général Jodl, un des plus proches aides de camp d’Hitler, déclare : “La guerre est gagnée, il ne reste qu’à la terminer“.
 

Mussolini et Hitler en juin 1940 / © Narodowe Archiwum Cyfrowe (Archives Nationales Numériques polonaises)
Mussolini et Hitler en juin 1940 / © Narodowe Archiwum Cyfrowe (Archives Nationales Numériques polonaises)

Après les Britanniques, c’est au tour du général Weygand de se résigner à replier les forces françaises vers Dunkerque. Il confie cette mission au général Blanchard qui ordonne aussitôt à l’armée de reculer jusqu’à la Lys au nord de Lille. “La 1ère armée française, l’armée anglaise et l’armée belge se regrouperont progressivement derrière la ligne d’eau marquée par le canal de l’Aa, la Lys et le canal de dérivation de façon à former une tête de pont couvrant largement Dunkerque. Cette tête de pont sera défendue sans esprit de recul“.

Pour certains soldats français, épuisés par les combats sur l’Escaut, cela représente une marche de plus de 60 kilomètres.
 

La Lys, près d’Armentières, nouvelle ligne de front dans le Nord à partir du 25 mai 1940. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3
La Lys, près d’Armentières, nouvelle ligne de front dans le Nord à partir du 25 mai 1940. / © FREDERIK GILTAY / FRANCE 3

Au même moment, le colonel de Gaulle est promu général à titre temporaire. C’est aussi ce 25 mai que pour la première fois en conseil de guerre à l’Elysée, la possibilité d’un armistice est évoquée…

► La suite de notre série demain avec la journée du 26 mai 1940. Vous pouvez relire les épisodes précédents dans le récapitulatif ci-dessous :
 

 

 



Source link

Related posts

19 – Belgique : victime de son succès, l’Acanthus, plus grand club échangiste du Benelux referme ses portes

adrien

Mathieu Klein à la mairie de Nancy, Valérie Beausert-Leick le remplace à la tête du conseil départemental

adrien

Réouverture des plages du littoral picard : “le week-end de l’Ascension sera un vrai test”

adrien